Les questions que tout centrafricain doit absolument se poser…

Article : Les questions que tout centrafricain doit absolument se poser…
22 juillet 2013

Les questions que tout centrafricain doit absolument se poser…

Tant de questions m’assaillent sans cesse ces derniers jours. Des questions dont il faut être dans le secret des dieux pour avoir la réponse.

Malgré tout, il me semble hyper important que les Centrafricains s’arrêtent un instant pour se poser quand même ces questions liées à leur avenir…

Commençons par l’hexagone d’où provient depuis quelques temps des signaux inquiétants qui suscitent quelques interrogations légitimes chez tout observateur averti de la vie socio-politique centrafricaine.

Comment interpréter la visite à Djotodja de Claude Guéant, un homme de la famille politique de Nicolas Sarkozy ? Ce dernier qui voulait « refonder les relations de la France avec l’Afrique » Sarkozy disait le 28 Mai 2008 au Cape en Afrique du Sud que : « La France ne veut pas être en Afrique pour perpétuer sous d’autres formes, des rapports inégaux qui appartiennent à un passé révolu. La relation entre la France et l’Afrique ne peut plus être fondée sur des accords et sur des politiques qui sont des survivances d’une époque où le monde était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui. »

L’une de mes interrogations est de savoir si cette rencontre, dont rien n’a filtré, est une simple visite de courtoisie à un putschiste dont la France refuse de reconnaître la légitimité.

Monsieur Guéant est-il venu conclure un accord et instituer un « valet local » comme les appelait , paix à son âme feu Thomas Sankara ? Écoutons le Capitaine Thomas Sankara s’adresser au Président François Mitterrand : « Dans notre chant de la victoire, notre hymne national, ceux là qui portent l’entière responsabilité ici en Afrique, nous les appelons les valets locaux. Parce que soumis à un maître  ils exécutaient ici sans comprendre des actes, des ordres qui allaient contre leur peuple. (…) C’est dans ce contexte, Monsieur François Mitterrand, que nous n’avons pas compris comment des bandits comme Jonas Savimbi, des tueurs comme Pieter Botha, ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l’ont tachée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en porteront l’entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours. »

Les pratiques auxquelles Nicolas Sarkozy voulait mettre fin, la RCA en a connu. Prenons juste ce qu’on a appelé en France, l’affaire des diamants de Bokassa, en y apportant un rectificatif : c’était les diamants des Centrafricains et pendant que le Président Valerie Giscard D’Estaing venait faire des safaris chez son grand ami et cher parent Bokassa, tout le monde savait ce que les Centrafricains subissaient à l’époque.

Autre sujet d’interrogation: les militaires retraités français venus dans le cadre d’une société privée basée aux USA et qui assurent désormais la sécurité de Sieur Djotodja et dont la présence n’engage pas directement la diplomatie française…

Des intelligences machiavéliques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la RCA seraient entrain de travailler dans l’ombre pour rendre possible la participation, mieux encore faire gagner les prochaines élections aux nouvelles autorités de Centrafrique ?

Pour les personnes arrêtés au PK9 et assassinées ensuite, y a-t-il besoin d’enquêtes ? Est-ce qu’un seul élément de la Seleka en poste au PK9 ce jour-là a été interpellé, entendu ou mis aux arrêts ?

Pourquoi le gouvernement centrafricain a attendu que la FIDH ( Federation Internationale de Droits de l’Homme) ait diligenté une enquête et sorti un bilan de 400 assassinats commis par la Seleka avant de se prononcer sur ces crimes et contester ces chiffres ?

Arrêter et juger les desperados de la Seleka serait-il le cadet des soucis du gouvernement centrafricain ? Tant qu’ils sont aux affaire,s défendront-ils becs et ongles le crime le plus odieux qui soit ?

Si on compte les victimes de la Seleka, seulement celles dont parlent les journaux de Centrafrique et la radio Ndeke-luka depuis le 24 Mars, resterons-nous en dessous des 400 victimes ?

Pourquoi le Chef du gouvernement pourtant fondateur de la ligue centrafricaine des droits de l’homme a attendu que la FIDH monte aux créneau pour se décider à condamner à son tour ces crimes ?

Ces interrogations permettent de tirer la sonnette d’alarme pour éviter qu’un accord infernal ne soit conclut au grand dam des victimes et de la pauvre population centrafricaine. La ferme volonté de ces dernières c’est qu’aucun acteur de la transition ne se présente aux futurs élections et que les auteurs des crimes et autres exactions ou leur principaux responsables répondent de leurs crimes devant une juridiction qu’elle soit nationale ou internationale.

Si au nom de la non ingérence dans les affaires intérieures d’un état souverain, la France s’est contentée de protéger l’aéroport, ses ressortissants et les ressortissants des pays étrangers, elle pourrait au moins peser de tout son poids pour que les accords de Libreville soient respectés et proposer par exemple que ces élections soient placées sous le contrôle strict des Nations Unies, en sorte que les résultats reflètent le verdict des urnes.

Dans un contexte où les intérêts égoïstes priment sur les vies humaines, aujourd’hui plus que jamais le peuple centrafricain doit s’interroger sur son avenir et sa survie. Beaucoup de signes présagent un avenir encore plus sombre et si les Centrafricains veulent sortir de l’auberge, ils ont intérêt à entrer dans la danse et s’intéresser de plus près aux choses qui se passent et qui concernent l’avenir de leur pays.

 

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