L’agonie d’une nation et le silence coupable des mangeurs…

Article : L’agonie d’une nation et le silence coupable des mangeurs…
15 avril 2013

L’agonie d’une nation et le silence coupable des mangeurs…

On ne parle pas la bouche pleine. Les centrafricains ont compris mieux que n’importe quel peuple au monde le sens de cette discipline qu’essayent d’inculquer toutes les mamans à leurs rejetons. Les centrafricains ne parlent jamais la bouche pleine.

Le gâteau est partagé, et tout le monde ou presque a eu sa part.  Le pouvoir du nouvel homme fort de Bangui est finalement légitimé ce 13 Avril par le vote par acclamation du Conseil National de la Transition. Les représentants de la société civile qui contestaient la composition du CST y siègent désormais. Les organisations de défense des droits de l’homme et les confessions religieuses sont aux affaires. Qui peut ouvrir la bouche pour dénoncer les exactions perpétrées sur le peuple centrafricain ?

Depuis trois jours les exactions ont prit une tournure inimaginable. Certains quartiers de Bangui (Boy-rabé et Ouango) sont transformés en champs de bataille. Pour le Ministre Moussa Dafhane, c’est François Bozizé qui a distribué les armes à la population et ses éléments ont commencé le pillage bien avant l’entrée de la Seleka à Bangui. Ce qui voudrait dire que la Prado de radio Ndeke-luka et les centaines d’autres véhicules que la Seleka circule avec, les hommes armés jusqu’aux dents qui pillent et vont se garer à l’hôtel Plazza où se trouve Michel Djotodja sont en réalité des partisans de Bozizé ? On accuse la Seleka pour rien ? Tout ce que le nouvel homme fort de Bangui demande à la population c’est de se calmer, de ne pas fuir. La Seleka n’est pas contre elle. C’est vrai en plus, la Seleka n’en a qu’après les biens de la population qu’ils veulent continuer à dépouiller sans qu’on leur résiste. Ils méritent au-moins ça non ? On est censé comprendre que c’est toujours la faute de Bozizé si nos parents tombent encore sous les balles perdues près d’un mois après le coup d’état ?

Le Ministre Gazam-Beti, porte-parole de la Seleka a beau déclarer solennellement une semaine après le putsch du 24 Mars 2013 que  plus un seul coup de feu ne sera entendu dès ce jour à partir de 18h. Pour signifier clairement à la population qui reste le maître, les éléments de la Seleka ont tiré en l’air toute cette nuit et jusqu’aujourd’hui. Les nouvelles autorités du pays ont beau demander aux travailleurs de reprendre le travail, ce sont les éléments de la Seleka qui continuent de faire la navette avec des véhicules lourdement armés en tirant en l’air et en braquant les civils.

Et quand la population essaie de dire non, « arrêtez de nous prendre notre strict nécessaire », elle est prise pour cible.

Et il ne se trouve personne, personne parmi ces mangeurs patentés pour ouvrir la bouche et dénoncer. Quant aux nouvelles autorités de Bangui, elles nous ont habituées aux déclarations stériles mais sur le terrain leurs éléments n’en font qu’à leur tête. Et la communauté internationale semble ne pas être au courant de tous ces crimes.

La population est dans la terreur mais eux ils mangent tous la conscience tranquille en fermant les yeux sur les meurtres. Ils mangent le butin de guerre, le sang, la sueur et la souffrance du peuple centrafricain. C’est une bande de mangeurs qui n’aboient que quand ils n’ont pas leur part du gâteau ou uniquement quand ils estiment que les miettes qui tombent de la table ne suffisent pas à les rassasier. Ils font un boucan de tous les diables pour être invités à la table, et quand ils s’y asseyent ils n’ont d’autres préoccupations que de s’empiffrer, de s’en mettre plein l’estomac. Cette bande de braillards ne gueule que quand elle a faim, une fois invitée à la table, leurs parents ont beau pousser des cris d’agonie, ils n’entendent rien, tellement occupés à se goinfrer comme des porcelets qu’on engraisse. Il n’y’a que leur ventre qui compte. Dieu, à quel saint ce peuple pourra t-il se vouer ?

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