Trois astuces infaillibles pour s’en sortir en Centrafrique

Article : Trois astuces infaillibles pour s’en sortir en Centrafrique
27 février 2013

Trois astuces infaillibles pour s’en sortir en Centrafrique

En Centrafrique il y’a ceux qui crèvent de faim et ceux qui sont conviés à la table du roi. Comment donc tirer votre épingle du jeu ? Élémentaire, si vous avez le sens de l’observation vous comprendriez que ce n’est pas aussi difficile que cela de vous tailler votre part du gâteau…Voici quelques astuces qui vous aideront à vous en sortir.

Primo : Collez à l’actualité et faites quelque-chose, de l’action, sortez dans la rue et jouez des coudes. Vous ne voyez pas que les autres sont en train de s’en mettre plein les poches ? Bon, vous n’êtes peut-être pas une flèche lorsqu’il s’agit de chanter les louanges du Chef de l’Etat démocratiquement élu ou de prononcer des discours fanatiques pour haranguer les foules.
Voici au-moins quelques sujets qui marcheraient à coup sûr : La France et les blancs qui nous divisent pour s’accaparer de notre pétrole, ciment et autres richesses du sous-sol, les islamistes sont derrière la coalition rebelle, complot sous-régional ou d’un pays voisin visant à déstabiliser notre pays… Sortez le grand jeu, jouez la carte du patriotisme, surtout que pour ces sujets pas besoin de prouver ni de démontrer quoi que ce soit, ça saute à l’œil ce sont heu… Choisissez les français ou les islamistes ou un pays voisin , c’est forcement l’un ou l’autre ou pour faire simple les trois à la fois.
Mettez en place votre coalition patriotique pour barrer la route à la rébellion et à tous les ennemis de la nation. Bref ! Une coalition qui soutient le Président de la République. Si ce n’est pas un décret ou un arrêté qui vous récompense ce serait des billets de banque… à coup-sûr.

Secundo : Vous avez entre vingt et trente ans ? Pffft !!! Vous êtes mal barré, vous devriez encore attendre au moins trois décennies pour espérer rouler votre première voiture, quatre pour devenir cadre de la fonction publique et cinq décennies pour devenir Ministre. Ça a changé depuis peu par ici, même les postes ministériels qui permettaient de gratifier les fils d’anciens chefs d’état ou de récompenser un membre de la majorité présidentielle ont disparus. C’est coincé, il y’a des critères très élitistes, clairs et net pour entrer dans le nouveau gouvernement . C’est un gouvernement de technocrates qui jouissent d’une bonne moralité etc. Et donc si vous n’êtes pas un Chef rebelle, si vous ne faites pas partie de l’Opposition démocratique farouchement critiquée par l’opposition démocratique qui n’a pas demandé le départ du Président de la République heu…bon l’une ou l’autre des deux quoi, si vous n’avez pas démontré votre fidélité au grand patron pendant l’avancée des rebelles. Il vous reste une alternative, trouvez une potion magique qui vous transforme en septuagénaire et prenez le nom d’un de vos grands-parents qui avait été ministre il y’a quarante ans. En ce moment, votre entrée dans le gouvernement devient négociable parce que chez nous on prend toujours les mêmes et on recommence…Bon si ce n’est pas faisable faites comme tous les jeunes qui constituent la majeure partie de la population centrafricaine : Attendez que tous ces vieux meurent, alors il y’aura peut-être de la place pour vous.

Tercio : Vous pouvez aussi tout simplement extorquer de l’argent aux passants…mais légalement bien entendu, ou presque. Vu que vous ne recevez dans ce cas d’ordre de personne mais du Soleil lui-même. Trouvez-vous des bancs, des barres de fer, tout ce qui peut barrer la route et sur les coups de 23h, commencez à fouiller les taxis (pour rechercher les rebelles), arrêtez les motos et piétons. A Bangui il faut bien travailler pour vivre, du coup t’as forcement des gens qui rentrent de leur travail ou ceux qui sont obligés de se lever très tôt pour aller à leur travail. Tu peux tranquillement les racketter jusqu’au matin, en plus on distribue du café et sucre gratis aux veilleurs.

Bon, on peut ajouter à cela des trucs simples : Organisez une marche, un meeting ou toute autre manifestation pour la paix, avec un-peu d’inspiration même si vous chantez comme une casserole, insultez les rebellions qui bloquent l’avancée du pays, tous ceux qui sont derrière cette rébellion et les ennemis du régime en placw n’a pas fait de quartier, résultat : elle obtient son entrée dans le gouvernement. L’opposition démocratique a mis la barre haute en réclamant le départ du Chef de l’état, résultat : elle est associée à la gestion de l’Etat. La majorité présidentielle s’est accrochée par tous les moyens, a pu conclure les accords de paix et reste au commande. Tout ce beau monde a obtenu satisfaction, il n’y’a que les pauvres victimes qui tirent encore le diable par la queue. Personne ne se soucie de leur sort, jusqu’aujourd’hui la situation reste bloquée dans les zones touchées par la crise, les portes des écoles sont restent fermées, beaucoup de personnes sont mortes en dommages collatéraux, pas d’ouverture d’un couloir humanitaire pour porter secours aux gens qui vivent dans la brousse, ceux qui ont fui les hostilités et qui crèvent de faim et de froid. Ces zones ne sont pas ravitaillées en médicaments et en antirétroviraux car les éléments de la Seleka refusent le cantonnement et continuent de piller les villes.

Du coup vous avez le choix entre être bourreau ou victime. Le premier doit être nettement mieux non ?

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