Centrafrique: Les diamants de la deperdition scolaire

Article : Centrafrique: Les diamants de la deperdition scolaire
6 octobre 2012

Centrafrique: Les diamants de la deperdition scolaire

Officiellement la rentrée scolaire est fixée au 15 Septembre sur toute l’étendue du territoire centrafricain. Cependant à Nola dans la Nana Mambéré,  la déperdition scolaire est criante. Et pour cause: les enfants mineurs sont utilisés comme main d’œuvre dans les chantiers de diamant et d’or. Une situation à laquelle les autorités locales veulent  mettre fin en lançant dès lundi 14 Octobre une campagne dont l’objectif est de freiner l’exploitation des enfants en âge de scolarité dans cette région du Sud ouest de la RCA, l’une des préfectures minières du pays. Cette campagne de sensibilisation sera organisée par Le Ministère de l’éducation nationale en partenariat avec l’Unicef et les ministères du travail, de la justice et celui des mines.

Même son de cloche dans la ville de Bria où seuls les élèves nouvellement inscrits en classe de 6e sont présents dans la cour du lycée. Tous les autres élèves et même ceux qui sont en classe d’examens, 3e et Terminale sont encore dans les chantiers de diamant et d’or. Le nouveau proviseur du lycée de la ville de Bria, André Lemercier s’étonne même du silence complice de l’association des parents d’élèves de cette localité face à cette situation. Entre se faire encore un peu d’argent pour s’assurer la réussite aux examens dans un pays où la corruption gangrène jusqu’au système éducatif et respecter le calendrier scolaire, le choix des élèves est clair. Comme ils aiment le dire dans leur jargon : « L’école est noire, le business est clair. »

Pour une population de 4 millions d’habitants, on compte environ six mille enfants de la rue non scolarisés, sans compter que plus de la moitié de la population est analphabète.

Si nous partons du principe que les enfants sont l’avenir d’un pays et qu’ils auront la lourde responsabilité de relayer les responsables d’aujourd’hui pour tenir les rênes du pays, c’est à se demander quels genres de responsables nous aurons dans dix ans. Tout le monde se plaint de la baisse de niveau chez l’élève et l’étudiant centrafricain. Des diplômés incapables de défendre leurs diplômes ou même de s’exprimer correctement en français. Cependant cette situation semble être le cadet des soucis des autorités du pays. Même à Bangui la capitale, les cours reprennent timidement comme à l’accoutumée. Les élèves qui ont échoués aux examens et repris leurs classes estiment qu’ils peuvent s’offrir encore quelques mois de vacances avant de rejoindre les autres. Certains parents attendent le salaire du mois prochain pour acheter les fournitures scolaires à leurs enfants pour permettre à ceux-ci de repartir à l’école. Certains professeurs ont l’habitude de ne reprendre le chemin de l’école qu’au mois de novembre, voire après les fêtes de fin d’année. Naguère cela se justifiait par les grèves dues aux salaires qui ne tombaient pas à termes échus mais aujourd’hui même si les enseignants ont plusieurs mois d’arriérés de salaires: depuis quelques années la fonction publique s’efforce à payer régulièrement. Ajoutés à cela les enfants vivants en zone de conflits où les familles sont déplacées, il y a du souci à se faire pour l’éducation et la formation des enfants.

Etre pays membre de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractibles c’est aussi à mon humble avis veiller à ce que les mineurs ne soient pas exploités dans les chantiers miniers même si leur travail permet de subvenir aux besoins des ménages dont ils sont issus. Nourrir la famille est tout de même l’affaire des parents, et la place des enfants à l’école…

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Commentaires

Seymour
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