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Pourquoi et comment Mahmat Kamoun est nommé premier ministre

Fin du suspense : Dame Samba Panza a annoncé le 10 août 2014 la nomination de Mahmat Kamoun au poste de premier ministre de la transition en Centrafrique. Une nouvelle qui a fait l’effet d’une bombe, même si la messe œcuménique d’hier au stade de Bangui avait pour objectif de préparer les Centrafricains à cette désignation. Jusque-là Samba Panza affirmait que : « Personne, pas même la communauté internationale ne lui dicterait sa décision ». Comment alors expliquer son choix ?

Quand les débats s’organisaient autour de la question « Faut-il nommer un musulman à la Primature ? », j’ai failli m’étrangler en criant ,  » non, mais arrêtez cet amalgame qui a coûté la vie à des milliers de Centrafricains et d’étrangers vivant en RCA !  » Vous prenez à ce point les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages ? Parlez-nous plutôt de la Seleka à la primature. Ce sont les représentants de la Seleka et non des musulmans qui ont fait le déplacement de Brazzaville pour les négociations des postes comme d’ailleurs dans tous les précédents pourparlers. Pourquoi vouloir coûte que coûte faire croire qu’il s’agit uniquement d’un conflit entre chrétiens et musulmans ? Les musulmans ne sont pas tous des Seleka, et les musulmans n’ont pas pris les armes pour réclamer le pouvoir, c’est la Seleka qui a tout organisé et manipulé certains, voire utiliser le terme de musulman à des fins politiques.

Mahmat Kamoun préféré à Abdoul-Karim Meckassoua

C’est devenu un secret de polichinelle, tout le monde est au courant que les accords précédant la démission de Djotodja prévoient que la Seleka garde la primature et quelques ministères clés. Ainsi on a eu droit à cette injonction de l’homme fort de Ndjamena lors de la première visite de Samba Panza au Tchad, celui-ci s’engageait à : « Veiller au respect des accords de Ndjamena»… On le savait que les menaces de partitions, les massacres, etc. sont des moyens de pression pour obtenir gain de cause. A Brazzaville les représentants de la Seleka en ont fait voir de toutes les couleurs au président Denis Sassou-Nguesso et aux autres parties. Ils ont réitéré leur volonté de partitionner le pays, ont boycotté les séances pour finir par revenir à de meilleurs sentiments et demander pardon aux Centrafricains pour ces propos de division. Ce que Déby, veut Déby l’obtient.

Je me doutais que la primature reviendrait à la rébellion Seleka, mais jamais il ne m’est venu à l’idée qu’on aurait droit à un certain Mahmat Kamoun. Le nom d’Abdoul Karim Meckassoua circulait depuis quelques jours et sa nomination imminente faisait couler beaucoup d’encre. Pourquoi Meckassoua n’a pas été nommé premier ministre ?
Il va sans dire qu’il n’a aucune chance dans ce décor, parce que Meckassoua a la fâcheuse manie d’organiser des audits là où il passe ( Bozizé et ses ministres en savent quelque chose). L’homme aime tellement la clarté dans la gestion qu’il ne peut pas être invité aux affaires parce qu’il est musulman. Non, il faut plus qu’être musulman et intellectuel. C’est le genre de profil de Mahmat Kamoun qui intéresse. Pourquoi Samba le préfère à ce poste ?

Qui est Mahmat Kamoun ?

Ce monsieur fait partie des initiateurs du guichet unique à Douala dont ils ont signé la gestion avec un Béninois nommé Boko. Lorsque Bozizé voulait y voir plus clair dans la gestion calamiteuse du Trésor public dont il assurait la direction, il a pris le chemin de l’exil… Demandeur d’asile aux Etats-Unis, Mahmat Kamoun n’avait pas encore obtenu son statut de réfugié politique quand la Seleka chasse Bozizé du pouvoir, il revient alors en RCA pour être nommé directeur de cabinet de Michel Djotodja. A ce jour, selon la loi sur l’immigration aux Etats-Unis, il n’a pas le droit de rentrer sur le territoire américain…Un premier ministre persona non grata aux Etats-Unis où se trouvent les institutions de Breton-Wood (sic !)
Après la démission de Djotodja il est nommé conseiller spécial de Sampa Panza avec rang et prérogatives de ministre d’Etat.
Kamoun et la fille de dame Samba Panza seraient mis en cause dans l’affaire de la disparition d’une partie des 6 milliards de francs CFA donnés par l’Angola à la Centrafrique.10402539_750145508382260_3395224965319197979_n

Derrière un grand homme, il y a toujours une grande dame ?

Cette maxime marche aussi à l’envers, Mahmat Kamoun forme avec sa femme un couple dont il faut se méfier. En tous les cas, avec sa nomination les douaniers n’auront que leurs yeux pour pleurer.
Dame Kamoun née Ngakola Rachel avait été bombardée directrice générale adjointe de la Douane sous le régime de Djotodja, puis directrice générale sous Samba Panza, elle est à l’origine de la débancarisation des recettes douanières (la bancarisation étant l’une des rares bonnes mesures du régime Bozizé)… Les recettes douanières se promènent désormais librement dans les sacs à main de sa clique.

Samba Panza enfonce encore plus la RCA avec cette nomination

Loin d’être cette mère neutre, capable de sortir la RCA du bourbier, Samba Panza est en train de mener les Centrafricains à la file indienne directement en enfer. Copinage, clanisme, affairisme d’Etat, en quelques mois elle nous réédite le même scénario que ses prédécesseurs. Dame Samba-Panza se contrebalance royalement des Centrafricains, des milliers de morts, de l’avenir du pays… Ce sont ses intérêts qui priment.
Elle n’est pas cette mère dont vous rêviez qui pourrait tout faire pour réconcilier ses enfants et mener son pays résolument vers des élections libres et démocratiques. Non, Samba Panza s’est prostituée avec la Seleka pour manger, il y en a que pour son ventre, elle mange, se lèche les babines et ne pense qu’à s’empiffrer. Et parce qu’en RCA avoir un gros ventre est signe d’opulence, peu importe les morts, le chaos, les milliers de réfugiés, vivant dans des conditions exécrables Samba Panza s’en fout il n’y ’en a que pour sa bedaine…

La Centrafrique sous les feux de la rampe le 3 avril à RFI

Quatre mois après le début de l’opération conjointe Sangaris et Misca, quel bilan peut-on faire de la crise en Centrafrique? Trois mois après l’élection de Catherine Samba-Panza à la présidence de la transition en Centrafrique, peut-on parler d’un début de retour à la normalité ? Est-il trop tôt pour parler de réconciliation nationale ?

Radio France Internationale fait le point sur la sécurisation, le processus de la réconciliation et le retour à la normalité en Centrafrique ce jeudi 3 avril 2014. Tout le programme de cette journée fil rouge sur RFI à la fin de ce billet, programmes que je suivrais et live-tweeterai sur le Hashtag #RcaRfi. Mais avant tout une petite analyse personnelle s’impose.

Point sur la situation en Centrafrique

Notons tout d’abord que jusqu’ici l’Europe ne semble pas très pressée d’envoyer des troupes en RCA comme promis. L’ONU, hésite, se réunit, publie des communiqués, mais les forces onusiennes en Centrafrique ne sont visiblement pas pour bientôt. Pendant un moment la Crimée a carrément volé la vedette à la Centrafrique. Continuer la lecture

2013, retour sur une année qui a rendu la RCA tristement célèbre…

La Centrafrique est devenue célèbre en 2013. Chaque jour sur les journaux et les écrans de télévision on peut voir des images d’horreur en provenance de ce pays. Les Centrafricains se demandent comment ils ont pu en arriver là.

Je vous propose un retour sur les événements majeurs qui ont marqué 2013, l’année pendant laquelle la RCA a fait la Une dans les médias internationaux.

Commençons par la nuit du 31 décembre au 1erjanvier 2013, la pire Saint-Sylvestre jamais vécue par les Centrafricains. Le pouvoir est dans la rue, des jeunes soudoyés par un régime devenu très impopulaire et impuissant face à l’avancée de la rébellion Seleka font la police. Ils érigent des barrières tous les 20 mètres sur l’ensemble des grandes artères de la capitale. Les rebelles sont à la porte de Bangui et toute la capitale vit dans la psychose de leur arrivée. Ces jeunes délinquants, armés par la Cocora (Coalition contre les rébellions armées) de Lévy Yakété, et par la Coac (Coordination des actions citoyennes) de Steve Yambété font la loi. Ils ont carte blanche, arrêtent qui ils veulent : officiers de l’armée, ministres, femmes enceintes. Ce sont les mêmes jeunes qui ont caillassé l’ambassade de France le 26 décembre 2012 pour montrer la colère du clan Bozizé face au silence de la France devant l’avancée des rebelles.

Le 2 janvier 2013 : bouffée d’oxygène. Les rebelles de la Seleka annoncent la suspension de leur marche sur Bangui et l’envoi d’une délégation aux pourparlers de paix à Libreville.

Le 11 janvier 2013 : les pourparlers de paix aboutissent à la signature des fameux accords de Libreville. Ces accords donnent une part du gâteau à chacun et les grands bébés centrafricains reviennent à Bangui. Leur feuille de route : la cessation des hostilités, le maintien de Bozizé au poste de président, la formation d’un gouvernement de transition avec un Premier ministre issu de l’opposition démocratique (sic), des postes ministériels stratégiques à la Coalition Seleka (dont celui du ministre de la Défense jusqu’alors poste de Bozizé et de son fils Francis), l’organisation d’élections législatives dans un délai de 12 mois pour palier le problème de cette Assemblée nationale monocolore. Une assemblée dans laquelle on retrouve pêle-mêle les oncles, les enfants et concubines de Bozizé. Le retrait de toutes les forces militaires étrangères de la Centrafrique à l’exception des forces de la Fomac (Force multinationale de l’Afrique centrale). (Référence faite aux forces sud-africaines qui protègent le pouvoir de Bozizé). Voilà qui est parfait ! Continuer la lecture

Comment sauver la RCA? Ma reponse à Mansoura

Mansoura c’est ma voisine au KM5, rue de la Croix rouge dans le 3ème arrondissement de la capitale centrafricaine. Hier soir, on s’est retrouvé sur Facebook et on a parlé de notre pays la Centrafrique :
– Bonjour Johnny, ça fait un bail, comment tu vas ?
– Je vais bien merci et toi ?
-Ça va très bien, mes condoléances pour ton petit-frère.
-Merci, dis-moi t’es toujours à Bangui ?
-Ah, comment le pourrais-je avec toutes ces horreurs ? Je ne pouvais pas rester, je suis à Douala en ce moment, mais ma famille se trouve encore à Alindao, je m’inquiète beaucoup pour elle. Si les antis-balaka arrivent dans cette ville, ça va être grave, ils tuent systématiquement tous les musulmans.
– Ouais je sais, moi aussi toute ma famille est restée à Bangui, je suis autant inquiet que toi.
– Johnny tu serais capable de me tuer ? Pourquoi ils tuent les peuhls qui sont des centrafricains ? Et pourtant ils savent bien que nous aussi on ne s’entend jamais avec les tchadiens. On va faire comment nous les peuhls, c’est notre pays.

– Lol, te tuer ? Tu me crois vraiment capable de tuer un être humain ? Ta question me frustre Mansoura. Tu me connais, tu venais dans ma maison et faisais ce que tu voulais. Je n’ai pas changé. Quand à te dire pourquoi on tue les musulmans et peuhls centrafricains en RCA, tu me poses là une question bien difficile…
– Je t’assure Johnny, excuses-moi mais je ne sais plus en qui faire confiance, tu es parti bien avant moi, mais quand tu avais fui les exactions de la seleka, ce n’était encore rien comparé à ce que j’ai vécu. Il fallait voir les cadavres dans les caniveaux et joncher les abords de la route…Au fait, ton ami Ahmat a été tué, et sa sœur qui était enceinte aussi a été éventrée par les anti-balaka…Et tu es au courant qu’on a pillé ta maison ?
Qu’est ce que tu me raconte là Mansoura… Ahmat ? Ce n’est pas vrai ! Comment cela s’est passé ?
Pour ma maison je m’en doutais un-peu, après l’enterrement de mon petit-frère dans notre concession (ils ne pouvaient pas aller jusqu’au cimetière), aucun membre de ma famille n’a plus jamais prit le risque d’aller au KM5 où se trouve notre maison familiale.

Ahmat n’était pas pour moi un ami mais plus qu’un frère. On a grandi ensemble au KM5, il était musulman. On a fait les 400 coups ensemble. Quand la seleka était arrivé au pouvoir, si je recevais une menace ou si je suis resté tard quelque-part c’est lui que j’appelais pour venir me chercher afin de rentrer ensemble à la maison. Sa famille est comme ma famille. Ahmat m’aurait remit une arme et dormi sur ses deux oreilles sachant qu’il ne pouvait rien craindre de moi et vice-versa.
– Johnny, penses-tu que qu’on peut s’en sortir ? Crois-tu que la paix est encore possible ? Que les choses pourront redevenir comme avant en RCA ?
Je n’avais pas donné de réponse à Mansoura…J’étais perdu dans mes réflexions. Je pensais à Ahmat, aux soirs où on mangeait du méchoui de cabris ensemble devant Etoile autour d’un pot de jus de fruit. Je me rappelle nos virées en boite, et quand au petit matin il venait d’abord se changer chez moi pour faire croire à ses parents qu’il avait passé la nuit à regarder un film chez moi…Aujourd’hui, j’ai décidé de répondre  à Mansoura. Cette réponse, je la rends public pour tous les centrafricains. Oui, on peut s’en sortir ma chère Mansoura. Nous sommes en face d’une situation difficile mais c’est encore possible de nous tirer d’affaire.
Avant de proposer un plan pour une sortie de crise, analysons succinctement la situation. Continuer la lecture

Je suis centrafricain mais pas barbare…

Un jeune homme a pété les plombs. Il a voulu en mettre plein la vue aux gens et a mordu à pleines dents dans le bras d’une personne qu’ils venaient de lyncher…

En moins de 24 h l’image fait le tour de la planète…Et les questions fusent. Il ya ceux qui me demandent de leur en dire plus. Ceux qui veulent savoir si je connais d’autres

cas de cannibalisme en RCA ou si je connais quelqu’un qui aurait immortalisé la scène…

C’est à-peine si l’on  me demande « Est ce que vous mangez de la chair humaine en Centrafrique ? »

Les gens généralisent, spéculent, confondent les victimes aux bourreaux et pendant ce temps les centrafricains ne voient pas le bout du tunnel. Pendant qu’une nouvelle page de l’histoire de la Centrafrique est ouverte. Et qu’une femme est élue pour conduire la transition jusqu’à des élections démocratiques. Le Centrafricain vit encore dans les camps de réfugiés, dans la peur des milices armées et de la coalition seleka….

Oui, je suis centrafricain mais pas barbare, je ne suis ni pro-seleka ni pro-anti-balaka. Je suis journaliste et blogueur, dans mon pays j’étais un animateur-radio vedette. Je suis Coordonnateur national des medias chez Invisible Children…Et…Depuis quatre semaines je suis parti de la Centrafrique. Continuer la lecture

Pourquoi et comment j’ai quitté l’enfer centrafricain

Une foule de manifestants barricade l’entrée de l’aéroport Bangui M’poko, brandissant des pancartes sur lesquelles on peut lire : Oui à l’opération Sangaris, Non à la Seleka, Michel Djotodja, démission

Le taximan qui me conduit décide de s’arrêter à une centaine de mètres de la foule. Il ne veut aller plus loin, de peur que les manifestants ne caillassent sa voiture.

Entre moi et l’aéroport, il y a une meute en colère. Ces gens ont vu mourir leurs proches et ont certainement eux aussi lynché d’autres personnes. Que vaut ma vie pour eux ?

Mais il me faut atteindre l’unique porte de sortie de la Centrafrique. Je n’ai pas le choix. Je récupère mon sac à dos sur le siège arrière, descends du taxi et m’avance vers la foule… Un manifestant m’interpelle.

– Hey toi, tu vas où ? Tu es en train de fuir, c’est ça? Nous on est là, parce que la question du pays nous tient à cœur.

Je continue d’avancer, souriant aux uns, évitant de répondre. Cette frange de la population est celle qui est hostile à la Seleka, et c’est parce que je ne suis pas musulman, qu’ils m’ont laissé tranquille. Les Centrafricains sont entraînés dans un cycle de violences indescriptibles. Dans certaines zones, on lynche sans aucune forme de procès les gens en raison de leur religion, chrétienne ou musulmane. Ne me demandez pas le sort des athées, animistes, etc. Continuer la lecture

Place de la reconciliation

Les questions auxquelles il faut absolument répondre pour sortir le Centrafrique du bourbier

Il est clair que le pays de Boganda est au fond du gouffre; remonter la pente pour enfin voir le bout du tunnel dépend de la volonté de tous les centrafricains à faire renaître la RCA de ses cendres. Il ya encore des chances, voici les questions auxquelles il faut répondre  pour y arriver :

1- voulons-nous la paix en Centrafrique ? Si oui, il faut savoir qu’une vendetta est le moyen le plus sûr de sombrer définitivement dans un cercle infernal de tueries qui creusera une tombe pour enterrer ce qui reste de la RCA. On a perdu des êtres chers,  on souhaite que les parents qui nous restent aient une vie épanouie de bonheur et de prospérité, or cela n’est possible que s’il ya la paix. Mais celle-ci est un processus, il faut déjà faire le premier pas, celui qui consiste à faire des concessions, à consentir des sacrifices pour garantir l’unité, la cohésion nationale et la paix conditions siné qua non pour avancer résolument sur le chemin du développement et entrer dans le concert des nations. Il est impératif de tourner définitivement la page.

Il ne faut pas tomber dans le piège de la seleka, qui essaie de faire croire qu’ils défendent la cause de la communauté musulmane. Djotodja l’a dit : « vous voulez qu’une seule communauté dirige le pays (…) si vous ne voulez pas on divise le pays en deux »…ça donne une idée claire des motivations de la seleka.

Piller les musulmans sont des actes tout aussi criminels que ceux qui nous ont fait perdre des êtres chers et cela n’honorent pas leurs mémoires. S’en prendre à d’autres personnes pour se venger enfonce d’avantage le pays dans un cycle de violence sans fin. Il n’ya pas d’avenir en cela, on voudrait au contraire voire un Centrafrique prospère où il fait bon vivre. Les centrafricains doivent se ressaisir et aspirer à la paix. Continuer la lecture

Place de la reconciliation

La Centrafrique en 7 diapos ou la chronique d’un pays au bord du gouffre

Diapo N°1 :  La RCA est une jungle peuplée de quatre millions et demi de gibiers à la merci de plus de 20.000 hors la loi appelés ex-Seleka. Cette coalition étant officiellement dissoute par son chef, l’actuel président de la transition Michel Djotodja.

J’exagère ? Voyez plutôt, une semaine à Bangui: lors d’un braquage d’une moto par deux ex-Seleka, l’un des deux braqueurs a lâché une grenade tuant une jeune femme et blessant plusieurs autres personnes du quartier Castors. Ont été assassiné un ex FACA (Forces Armées Centrafricaines) dans le quartier Miskine par des éléments de l’ex-Seleka, dans la foulée un français a prit une balle ; un élément des FACA dans le 4e arrondissement ; et un Magistrat. Plusieurs concerts de tirs à l’arme automatique ont retenti le soir dans le 5e arrondissement, selon les humeurs d’un Colonel de l’ex-Seleka.

Diapo N°2 : Au vu de ce qui précède, on comprend bien que le très médiatisé désarmement des éléments de l’ex-Seleka a accouché d’une souris. Ces mecs sont toujours armés jusqu’aux dents et sèment la terreur à Bangui. Les forces de défense et de sécurité n’ont pas d’armes pour se défendre quand les braqueurs, pilleurs et assassins de l’ex-coalition sont lourdement armés et font ce qu’ils veulent. Cherchez l’erreur…

Diapo N°3 : La Centrafrique a besoin en urgence d’une force de maintien de la paix neutre et capable de tenir en respect la nébuleuse ex-Seleka. La MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique), si elle est commandée et constituée en majeure partie des forces de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), on est loin d’être sorti de l’auberge. Jetez un coup d’oeil sur ce qui se passe en Centrafrique : no comment comme disent les anglais… La Force militaire d’Afrique centrale ne pourra résoudre le problème. Continuer la lecture

Qui sera le futur Président Centrafricain ?

A vos marques, prêt ? Mentez, dupez, trompez, bernez les centrafricains !

Le coup d’envoi a été donné par le Chef de la diplomatie française. La visite éclair de Laurent Fabius en Centrafrique a remit les pendules à l’heure, sonné la fin de la recréation, sonné le tocsin pour le début de la course au fauteuil présidentiel, l’exercice favori de la classe politique centrafricaine.

Laurent Fabius a tapé du point sur la table : les Chefs de guerre de l’ex-rébellion Seleka doivent être mis hors d’état de nuire, les élections seront pour 2015 et le Président de la transition assure que ni lui, ni aucun membre de son équipe ne se présentera aux dites présidentielles.

Les voilà qui, un à un, sortent brusquement  de leur torpeur, on se demandait où ils étaient, les leaders politiques centrafricains ? A coups de sorties médiatiques, de propagande sur les réseaux sociaux, chacun essaie de redorer son blason pour duper au mieux cette population qu’ils prennent pour de véritables crétins.

La classe politique centrafricaine, une bande de gamins indisciplinés qui ne s’entendent jamais, qui n’ont jamais de solution et ont toujours besoin de médiateurs extérieurs pour les mettre d’accord, qui ne se réunit que quand il faut contester une élection ou obtenir une entrée dans le gouvernement. Continuer la lecture

La RCA est-elle victime d’un complot international ?

Il y a des choses que je ne comprends pas et qu’il faudrait peut-être qu’on m’explique. D’une part, nous sommes en face d’une situation qui pourrit chaque jour, de Bossangoa à Bangassou en passant par Bouar… Des villages entiers sont vidés de leurs habitants. Des populations fuyant les atrocités errent dans la brousse et vivent à l’état animal, les gens meurent de faim, de la maladie, du froid et surtout des Selekas.

Cela dure depuis six mois et la fin du calvaire ne semble pas pour demain. D’un autre côté les gens tiennent des discours, minimisent la situation , dénoncent parfois, condamnent de temps à autre, mais laissent faire… C’est un sablier qui s’émiette imperturbablement pour sonner le tocsin sur l’agonie finale d’une nation…

Dans mon précédent billet, j’ai parlé des personnes et entités de qui la solution ne viendra certainement pas. Mais là on est en droit de se demander si la RCA n’est pas victime d’un complot à l’échelle internationale ?

Tout observateur de la crise centrafricaine est tenté à un moment de se demander si la Seleka et ses principaux responsables ainsi que la Frocca de Bozize, Lévy Yakité et consorts ont-ils des accords secrets avec la communauté internationale ?

D’une part les responsables de la Seleka vivent paisiblement dans des hôtels de luxe et résidences de luxe qu’ils ont confisqué aux partisans de Bozizé partis en exil, pendant ce temps leurs éléments tuent, violent et pillent les populations civiles et personne ne les inquiètent. On leur demande de régulariser une situation qu’ils ne contrôlent pas. Continuer la lecture