Archives par étiquette : mort

Lettre à celui qui m’a promis la mort…

Cher compatriote bonjour,

Si vous aviez eu le courage de venir me faire toutes ces remontrances de vive voix en face (vu que vous savez presque  tout sur moi), je vous assure que j’ai du répondant. Et donc calmement je vous aurais expliqué que vous vous trompez largement sur mon compte.

Vous auriez peut-être compris qu’en réalité je n’ai pas d’intelligence dans la diaspora qui me coache. Que je ne suis soudoyé par aucun déstabilisateur, que je n’ai pas de coloration politique et que je ne suis contre personne ni contre le régime comme vous le soutenez mordicus.

La vérité c’est que je veux juste être un peintre de ma société, en bon témoin je relate juste les choses qui s’y passent. Des choses que vous pouvez contester vu que je ne censure jamais les commentaires de ce genre. Je parle de notre quotidien à tous, je fais l’écho du Centrafrique, l’autre RCA cachée aux yeux du monde. Continuer la lecture

Ange Félix Patassé serait encore en vie si…

Avec la disparition d’Ange Félix Patassé la RCA n’a désormais aucun ancien chef d’état vivant. Sous d’autres cieux ces hommes qui ont eu le privilège d’accéder à la magistrature suprême de l’état sont considérés comme des sages et constituent des recours en temps de crise. J’en veux pour exemple la visite de Bill Clinton à George W. Bush après les attentats du 11 Septembre 2001. Tellement de controverses, de suspicions voir de haine tournent autour du décès de celui qu’on appelait affectueusement « barbu national ». À tel enseigne que les centrafricains doivent une fois de plus dépasser certaines considérations pour s’imposer une réflexion responsable et tirer les leçons pour l’avenir.

Ange Félix Patassé a participé à la vie politique des cinquante années d’indépendances de la jeune République centrafricaine. Tous s’accordent à le lui reconnaître. Il a tout connu durant ces longues années de lutte politique : Plusieurs fois membre de différents gouvernements dès son jeune âge, il a aussi connu la lutte syndicale et le militantisme politique, la prison, l’exil et la gloire à la tête de l’Etat.

Revenu au pays, il a pardonné et s’est fait pardonné (des torts que ses compatriotes lui ont causé et des torts qu’il a causé aux centrafricains). Je garde encore en mémoire le cliché du dialogue politique inclusif, celui sur lequel Ange Félix Patassé ayant fini son discours est soutenu par les bras par François Bozizé qui l’aidait à se rasseoir sous l’applaudissement de tous les centrafricains.

A ce moment, je voyais un Ange Félix Patassé sage de la République, médiateur nationale. Je me disais qu’on aurait plus besoin d’émissaire de la CEMAC ou des Nations-Unies pour être médiateur dans nos crises. Continuer la lecture

Ange Félix Patassé est décedé…

Ange Félix Patassé, le dernier ancien chef d’état centrafricain encore en vie est décédé ce soir à Douala capitale économique du Cameroun.

L’information est confirmée par son porte parole Simplice KODEGUE qui a eu des entretiens avec le médecin de l’ancien président Ange Félix Patassé. Empêché à deux reprises pour des raisons de formalités à remplir avant d’aller se soigner à Malabo en Guinée équatoriale, Ange Félix Patassé a finalement pu prendre l’avion le Samedi 02 Avril. Selon toujours son porte-parole le Président Bozizé aurait appelé son homologue Obiang N’guéma lui demandant de ne pas recevoir Ange Félix Patassé, ce dernier très malade fut admis dans un hopital à Douala où il est décédé ce 05 avril à 18 heures.

Ange-Félix Patassé est né à Paoua le 25 janvier 1937. Son père s’appelle Paul Ngakoutou et sa mère Véronique .

Diplômé de l’Académie supérieure de l’agriculture tropicale de Nogent-sur-Marne (France), il est nommé en 1965 au cabinet du ministre de l’Agriculture et du développement.

Sous la présidence de Jean-Bédel Bokassa, il est plusieurs fois au gouvernement : ministre du développé entre janvier 1966 et avril 1968, ministre du Développement rural entre mai 1972 et avril 1973, ministre du Tourisme, de l’eau, des bois, de la chasse et de la pêche entre juin 1974 et octobre 1975. Il devient Premier ministre le 8 décembre 1976 jusqu’en juillet 1978.

Devenu président de la République le 22 octobre 1993, réélu en 1999, auteur des mutineries et de la mort de plusieurs personnalités de la RCA. Il est renversé par un coup d’État de François Bozizé le 15 mars 2003.

Revenu au pays en Décembre 2009, il est candidat malheureux aux élections du 23 Janvier 2011 qui a vu la victoire de François Bozizé, candidat à sa propre succession. Avec les autres candidats malheureux il forme le FARE : front pour l’annulation et la Reprise des Elections. La maladie l’a emporté à 74 ans.

Comment en finir avec les exactions et bains de sang

Le sang du centrafricain a une fois de plus coulé dans la matinée du 03 novembre 2010. La scène qui s’est passée au consulat du Centrafrique à Douala s’inscrit malheureusement comme la plupart des causes de décès en RCA dans le registre de la course au pouvoir.

Bref rappel des faits : Des centrafricains qui seraient des partisans de l’ex  président Ange Félix Patassé, (et ils sont nombreux à s’être refugié au Cameroun voisin  après le coup d’état du 15 Mars 2003 qui a porté au pouvoir le General François Bozize yangouvonda), sont venus s’inscrire sur la liste électorale en vue de l’obtention de cartes d’électeurs. Devant le refus du fonctionnaire du consulat de leur délivrer des cartes d’électeurs parcequ’ils n’avaient pas les pièces autorisées par la loi, c’est-à-dire des cartes nationale d’identité, beaucoup brandissaient selon les déclarations du pasteur Joseph Binguimalet, président de la commission électorale indépendante des copies d’actes de naissance. Les protestations ont vite tourné en émeute.  Bilan : un vigile mort de coups de poignards et plusieurs blessés graves.

C’est  désormais prouvé : Bien qu’elle ait plusieurs affluents, la source principale des problèmes du Centrafricain demeure le pouvoir sous toutes ses formes : Le pouvoir tant convoité, le pouvoir non partagé, le pouvoir mal géré et j’en passe.

Savez vous pourquoi le centrafricain est  prêt à toutes les abominations pour accéder au pouvoir et le conserver à tout prix ? Élémentaire :

Depuis la nuit des temps le pouvoir chez nous a toujours été un business familial, ceux qui sont du clan du tout puissant président jouissent d’une certaine notoriété et de nombreux privilèges. Ils peuvent voler, assassiner, marcher sur les autres en toute impunité.

C’est pourquoi ceux qui sont au pouvoir vendraient leur âme au diable pour le conserver et les autres sont prêts à tous les forfaits pour le leur arracher. Au milieu se retrouve sans défense, la grande masse de la population marginalisée. Ceux là qui ne comptent pas et qui font les frais de la capacité de nuisance des deux premiers. C’est elle qu’on piétine, assassine, vole et à qui l’on ment lors des mascarades électorales.

Que voulez-vous, si dans une république ceux  qui naguère n’avaient rien du tout, juste quelques mois plus tard croulent sous des centaines de millions, roulent de gros cylindrés  juste parceque quelqu’un de leur clan est au pouvoir.  Comment ne pas comprendre que tous les autres veulent voir un des leur à la magistrature suprême et ceci par tous les moyens ?  Si dans un gouvernement on retrouve, le fils, le cousin, la copine du cousin, la tante du chef de l’état, comment résister à la tentation de s’emparer du pouvoir ? Le pouvoir offre tellement de privilèges qu’on n’a pas idée à passer la main une fois qu’on l’a. comme dit mon grand-père, le pouvoir c’est comme une arme et un homme, un vrai ne donne pas son coutelât à autrui, parcequ’une fois en possession celui-ci peut te nuire.

Et si nous voulons que tout cela finisse un jour…Il faut une réelle volonté de changer les choses, il faut revoir le système…Nous devons peut

être revoir la portée de la fonction du président de la république, peut-être réduire l’étendu du pouvoir qu’on donne à ces gens qui nous gouvernent. Mettre en place des mécanismes de contrôle, des gardes fous pour arrêter un peu l’ardeur de tous ces marathoniens qui courent vers le pouvoir, qui ne respectent rien et tuent tout sur leur passage…Ou bien?