Archives par étiquette : exactions

Place de la reconciliation

La Centrafrique en 7 diapos ou la chronique d’un pays au bord du gouffre

Diapo N°1 :  La RCA est une jungle peuplée de quatre millions et demi de gibiers à la merci de plus de 20.000 hors la loi appelés ex-Seleka. Cette coalition étant officiellement dissoute par son chef, l’actuel président de la transition Michel Djotodja.

J’exagère ? Voyez plutôt, une semaine à Bangui: lors d’un braquage d’une moto par deux ex-Seleka, l’un des deux braqueurs a lâché une grenade tuant une jeune femme et blessant plusieurs autres personnes du quartier Castors. Ont été assassiné un ex FACA (Forces Armées Centrafricaines) dans le quartier Miskine par des éléments de l’ex-Seleka, dans la foulée un français a prit une balle ; un élément des FACA dans le 4e arrondissement ; et un Magistrat. Plusieurs concerts de tirs à l’arme automatique ont retenti le soir dans le 5e arrondissement, selon les humeurs d’un Colonel de l’ex-Seleka.

Diapo N°2 : Au vu de ce qui précède, on comprend bien que le très médiatisé désarmement des éléments de l’ex-Seleka a accouché d’une souris. Ces mecs sont toujours armés jusqu’aux dents et sèment la terreur à Bangui. Les forces de défense et de sécurité n’ont pas d’armes pour se défendre quand les braqueurs, pilleurs et assassins de l’ex-coalition sont lourdement armés et font ce qu’ils veulent. Cherchez l’erreur…

Diapo N°3 : La Centrafrique a besoin en urgence d’une force de maintien de la paix neutre et capable de tenir en respect la nébuleuse ex-Seleka. La MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique), si elle est commandée et constituée en majeure partie des forces de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), on est loin d’être sorti de l’auberge. Jetez un coup d’oeil sur ce qui se passe en Centrafrique : no comment comme disent les anglais… La Force militaire d’Afrique centrale ne pourra résoudre le problème. Continuer la lecture

Les questions que tout centrafricain doit absolument se poser…

Tant de questions m’assaillent sans cesse ces derniers jours. Des questions dont il faut être dans le secret des dieux pour avoir la réponse.

Malgré tout, il me semble hyper important que les Centrafricains s’arrêtent un instant pour se poser quand même ces questions liées à leur avenir…

Commençons par l’hexagone d’où provient depuis quelques temps des signaux inquiétants qui suscitent quelques interrogations légitimes chez tout observateur averti de la vie socio-politique centrafricaine.

Comment interpréter la visite à Djotodja de Claude Guéant, un homme de la famille politique de Nicolas Sarkozy ? Ce dernier qui voulait « refonder les relations de la France avec l’Afrique » Sarkozy disait le 28 Mai 2008 au Cape en Afrique du Sud que : « La France ne veut pas être en Afrique pour perpétuer sous d’autres formes, des rapports inégaux qui appartiennent à un passé révolu. La relation entre la France et l’Afrique ne peut plus être fondée sur des accords et sur des politiques qui sont des survivances d’une époque où le monde était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui. »

L’une de mes interrogations est de savoir si cette rencontre, dont rien n’a filtré, est une simple visite de courtoisie à un putschiste dont la France refuse de reconnaître la légitimité. Continuer la lecture

J’ai passé 24h avec la mort dans mon sac !

Je me suis promené toute une journée avec une grenade dans mon sac à dos, j’ai trimballé un explosif dans mon sac sous mon ordinateur plus de 24 h… J’aurais pu sauter en mille morceaux des dizaines de fois pendant tout ce temps. Je tiens à vous faire le récit de ces dernières 24h très éprouvantes pour moi en commençant par le dernier fait :

Hier soir, j’ai fini le travail à 19h00, en ouvrant la fermeture de mon sac à dos pour y glisser mon ordinateur portable, je vois rouler… une grenade de la taille d’une mandarine. J’ai failli m’évanouir, je suis sorti en courant du studio. Avec les collaborateurs nous avons décidé de la poser délicatement dans un coin de la cour de la radio en attendant le matin pour décider de la conduite à tenir.

La veille de cette découverte sur les coups de 8h du matin, une BJ75 bondée de Seleka s’arrête devant notre concession. Je n’y prête pas beaucoup d’attention, j’étais au téléphone, soudain je sens quelqu’un arriver sur moi, m’attraper au collet. On m’a trimballé jusqu’au milieu de la cour où je suis jeté par terre, une arme est pointé sur moi. La femme de mon grand-frère qui sortait de la maison, mon cadet, mon oncle dont la maison est à deux pas, et qui venait s’enquérir de la situation avec sa fille, subirent le même sort. Allongés à même le sol on avait des armes pointées sur nous. C’est à ce moment qu’ils ont amené mon grand-frère les mains ligotées avec une corde. Il fut jeté au sol avec nous.
Tout le quartier guettait la scène depuis la ruelle qui passe devant notre maison. Les Seleka sont rentrés dans la grande maison, celle où habite mon grand-frère et sont sortis avec son sac couleur militaire, son ranger, un chargeur d’AK47, un manteau imperméable militaire. Tout ce qu’il y a de plus normal à retrouver chez un commando de la gendarmerie. Continuer la lecture

S.O.S : On extermine les centrafricains !

30 avril 2013 à Bangui: Le Ministre de la Justice Arsene Sendé a instruit le procureur Général de la cour d’Appel de Bangui d’ouvrir une procédure judiciaire sur les crimes et autres exactions commis sous le régime de l’ancien Président François Bozize… La fin de l’impunité en Centrafrique ? Faux ! Les centrafricains ne sont pas sortis de l’auberge.

Depuis le changement du 24 Mars 2013, il ne se passe pas un jour sans qu’une personne ne soit tuée en Centrafrique. Cependant, en dehors de la mise en garde de la Procureure générale de la Cour Pénale Internationale, ces exactions ne semblent préoccuper aucune juridiction tant nationale qu’internationale.

Dans le meilleur des cas, les nouvelles autorités de Centrafrique daignent donner une version officielle des faits dont tout le monde se contente. Ils cautionnent tous la mort d’innocents centrafricains. Un silence complice encourage les exactions et l’impunité augmente la frustration des victimes. Je vous fais juste le récit de quelques faits pour illustrer ces propos :

J’animais à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse 2013 une émission avec de jeunes journalistes centrafricains sur le thème « Parler sans crainte… » Continuer la lecture

Affaire Ferdinand Samba, les magistrats donneront-ils raison à François Bozize?

Le parquet de Bangui a requis un an d’emprisonnement ferme contre Ferdinand SAMBA, directeur de publication du journal « Le Démocrate ». Le procureur a également demandé la fermeture pure et simple de son organe de presse. Ferdinand Samba est accusé de diffamations à l’endroit du Ministre d’état aux finances et cousin du chef de l’Etat Sylvain Doutingai. Placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Ngaragba, le verdict de son procès est prévu pour le 26 janvier prochain.
Voila qui illustre parfaitement les propos du Président de la République dans son adresse à la nation à l’occasion de la fête du nouvel-an. Propos qui désignent sans aucune forme de procès les magistrats comme étant la cause de l’impunité que tout le monde reproche à son régime. L’homme du 15 Mars affirme qu’il punit et même sévèrement sauf que les magistrats et leurs acolytes s’arrangent à libérer les coupables qui viennent pavaner devant les victimes, et cela ce n’est pas de sa faute. Le Président se dédouane de tous les maux qui minent la société centrafricaine les mettant sur le compte des magistrats : Les détournements de deniers public, les meurtres et exactions de tous genre sur la population civile qui sont restés impunis sont donc le fait des magistrats.
Voyez plutôt: Pour montrer l’exemple le chef de l’Etat n’avait-il pas ordonné que la maison d’un pasteur soit incendiée pour rendre la pareille à ce dernier dans une affaire qui l’opposait à un autre Pasteur Touangai pour la direction de l’église de Kina ? Continuer la lecture

Quand l’intouchable Eugene Ngaïkosset s’en prend à un français il paie cash…

Les organisations de défense des Droits de l’homme ont beau rendu public un communiqué début Juillet à Bangui dans lequel ils déplorent les multiples violations des Droits de l’homme dans le pays. La population a beau se plaindre, mourir presque toutes les semaines par le fait d’hommes en uniforme. Il a fallu que l’intouchable Capitaine Eugene Ngaïkosset se trompe de victime et agresse des éléments français pour que le Chef de l’Etat se voie obligé de le rétrograder Sous-lieutenant.

Le tristement célèbre Eugene Ngaïkosset fait partie des ex libérateurs qui ont réussi le coup d’état du 15 Mars 2003 qui a porté au pouvoir l’homme fort de Bangui. Suite à un accident de circulation où une voiture est entrée en collision avec un Jeep de l’armée française du détachement de Boali (un accident où il n’y’a pas eu de mort ni de blessé grave), Eugene Ngaïkosset est arrivé sur les lieux de l’accident a commencé par gifler un militaire français, les menaçant avec son arme et en tenant des propos très violents.

Eugène Ngaïkosset fait partie de ces militaires qui ont promu la « lieutenantmanie » en RCA. La fièvre des lieutenants qui s’est emparée du pays depuis le 15 Mars 2003. Aujourd’hui le grade de lieutenant est le plus prestigieux de l’armée centrafricaine simplement parceque les lieutenants de l’homme fort de Bangui ne se refusent rien, ils sont intouchables et s’illustrent en de véritables hors la loi. Beaucoup d’organisations de défenses des droits de l’homme avaient demandé que des enquêtes soient ouvertes et des poursuites engagés contre le désormais sous-lieutenant Eugene Ngaïkosset surnommé « Le boucher de Pahoua ». Ce dernier a été mis en cause dans plusieurs exactions et crimes de guerre dans le Nord-Ouest de la RCA notamment dans la région de Pahoua. Cependant il n’a jamais été inquiété, bien au contraire le Lieutenant Eugene Ngaïkosset a été promu Capitaine. Continuer la lecture

Le furtur Président centrafricain et Jean Pierre Bemba Gombo…

A vos marques, prêts, partez : Le 29 Novembre 2010 la cour constitutionnelle centrafricaine a validé 06 candidatures sur 09 pour la course au fauteuil présidentiel. Pendant que se déroule à la Haye aux Pays-Bas le procès de Jean pierre Bemba Gombo pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire centrafricain, Ange Félix Patassé président de la République à l’époque où les hommes de Jean Pierre Bemba ont commis ces exactions, François Bozizé son chef d’état major qui est finalement rentré en rébellion et que les banyamulenge ont également combattu, Jean Jacques Demafouth son Ministre de la défense, Martin Ziguélé son premier ministre sont tous candidats aux présidentielles de Janvier 2011 en Centrafrique.
Si tous ces Messieurs ne sont pas mis en cause dans ce procès, et peut être pas pénalement responsables de ces exactions ils ont tout de même à un moment où le peuple leur faisait confiance prit des décisions qui ont coûté la vie à des centrafricains. Paradoxalement c’est entre ces hommes que les centrafricains iront choisir leur futur président. Et connaissant le jeu politique, les alliances, accords et compagnie, on pourra se retrouver avec du déjà vu…
Apres 50 ans d’indépendances, voilà comment fonctionne la classe politique centrafricaine. Les grands partis politiques se résument à des leaders charismatiques, ces derniers étant humains la mort finit toujours par avoir raison d’eux. Du coup on se retrouve avec un FPP du feu Abel Goumba divisé entre son fils Alexandre Goumba et maurice Kotayé, un FPP affaibli qui ne compte presque plus parmi les grands partis.
Le rassemblement Démocratique Centrafricain du feu ancien président André Kolingba a présenté in extremis Emile Gros Raymond Nakombo aux présidentielles sauf que ce dernier ne fait pas l’unanimité au sein du parti. La jeunesse du RDC, prête à tout pour avoir sa part de gâteau est décidée à donner sa voix au Président candidat François Bozizé.
Le Parti de l’Unité Nationale de Jean Paul Ngoupandé, qui est parti se soigner en France, est désormais divisé, la guerre des chefs pour des intérêts égoïstes ont affaibli ce parti en sorte qu’il ne compte presque plus sur la scène politique nationale.
Enfin le MLPC, après avoir massivement voté pour Martin Ziguélé en l’absence de l’ancien Président Ange Félix Patassé aura l’embarras de choix entre son président Martin ziguélé et le désormais candidat indépendant Patassé ex  leader charismatique de ce grand parti.
Justin Innocent Wilité, l’un de ceux qui sont sortis de nulle part pour meubler la liste au moment où les candidats de l’opposition voulaient boycotter le processus électoral passerait inaperçu au milieu d’une foule à Bangui.
Et donc, on est bien partis pour se retrouver avec un scenario bien connu avec les mêmes acteurs. Comme si en dehors de ce beau monde qui a écrit quelques pages noires de l’histoire de la RCA,  il n’y’a aucun Centrafricain capable d’occuper des postes de décisions.  Ils prennent même la précaution de préparer leurs fils à la succession : On retrouve les fils Bozize, Kolingba, Bokassa, si ce n’est pas dans le gouvernement, à l’assemblée nationale. Et lors du dialogue national, l’homme du 15 Mars a même déclaré pour montrer sa bonne foi qu’il avait proposé à un fils Patassé d’être dans le gouvernement mais il s’est buté à un non…Bon s’ils se partagent équitablement le gâteau, le peuple pourra enfin vivre en paix…