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OIF : les échanges que je n’ai pas pu avoir avec Michaëlle Jean

Alternance démocratique, bonne gouvernance, Etat de droit, concept genre, etc. Toutes les organisations internationales ont mis ces cordes à leur arc. Les associations et ONG en ont fait leurs chevaux de bataille et les citoyens du monde, à l’instar des manifestants de Hong Kong, parce que vivant désormais dans un village planétaire revendiquent ces droits inaliénables à tout être humain. Dans ce décor, où se positionne l’Organisation internationale de la Francophonie ? Deux évènements récents m’ont emmené à me poser un tas de questions sur la francophonie.

J’ai d’abord été convié le 9 octobre 2014, à un petit-déjeuner de presse organisé par Michaëlle Jean, candidate au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Une semaine plus tard, j’ai eu l’occasion de participer à une réunion de réflexion collective sur le processus de transition en Centrafrique. Une initiative de l’ONG International Crisis Group en collaboration avec le ministère français des Affaires étrangères. Je fus surpris de n’avoir pas été le seul à suggérer dans mon intervention qu’il faudrait peut-être que la médiation de la crise centrafricaine revienne à une organisation comme l’OIF…

Tout d’abord quand on est ressortissant d’un pays francophone, il faut être d’une grande mauvaise foi pour prétendre ne pas être au courant des actions de l’OIF en faveur de l’Etat de droit, de la démocratie, de la promotion de la culture, etc. L’apport combien important de l’OIF dans le financement et l’organisation des élections en est un exemple.

N’importe quel citoyen de l’espace francophone a déjà entendu parler des bourses de la francophonie, des jeux de la francophonie, etc. En reconnaissant tous les efforts de cette organisation ; je me suis quand même posé la question de savoir, en réalité à quoi sert la francophonie ?

La France ou la Francophonie ?

C’est le discours de la Baule prononcé en 1990 par François Mitterrand qui a sonné le tocsin sur la fin des partis uniques et lancé le début de la démocratie en Afrique francophone. Vingt-quatre ans plus tard qu’en est-il de cette démocratie dans l’espace francophone ? Doit-on légitimement dire qu’en Afrique, les pays francophones sont les mauvais élèves de la démocratie ?

Quand j’ai demandé la médiation de l’OIF pour la Centrafrique, je suis parti du constat que la quasi-totalité des Chefs d’Etat de la sous-région Cémac (Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale) sont arrivés au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat et jusque-là gagnent systématiquement par l’opération du Saint-Esprit toutes les élections qu’ils organisent.

Au Tchad, Idriss Déby est au pouvoir depuis 1991. Le Congolais Denis Sassou Ngesso depuis 1979, Paul Biya est en poste au Cameroun depuis 1982, au Gabon Ali Bongo a été élu pour succéder à son père suite à des élections controversées. Les acteurs de la crise centrafricaine ont fait le tour de ces capitales sous-régionales sans trouver de solutions. Pis, Seleka et anti-balaka, du moins leurs responsables jouissent de soutiens dans certains pays frontaliers. Il nous faut un médiateur fort, capable de taper du poing sur la table et rappeler tout ce beau monde à l’ordre avec un discours du genre : « Assez joué, on passe au respect de la feuille de route de la transition. » Et je n’ai pas été le seul à penser que l’OIF pourrait valablement jouer ce rôle. On aurait aimé que l’OIF s’implique davantage, qu’elle pèse plus que la France au sein de ses Etats membres. Car finalement, les relations France-Afrique (ce n’est pas un jeu de mots) au-delà du fait qu’elles sont historiques, sont souvent regardées comme du néocolonialisme, très critiquées (et pas qu’à tort). Or, une organisation dont la France est membre au même titre que les autres Etats membres, pourrait valablement veiller à l’éthique, et au respect des règles qui régissent la vie au sein de son espace et de ses Etats partis. Comment donner plus de poids à l’OIF qu’aux collectivités régionales : CEMAC ( Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale), Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, etc. Si elle paye notamment pour les élections et autres, au-delà des condamnations d’usage, ou du fait de suspendre le pays membre quand il y a coup d‘Etat l’OIF pourrait faire mieux pour garantir le respect de la démocratie en son sein.

L’OIF : une organisation excluante ?

La libre circulation des personnes et des biens dans l’espace francophone demeure un réel souci. J’ai dû remplacer au pied levé une blogueuse ivoirienne invitée par la mairie du Kremlin-Bicêtre pour une résidence culturelle et à qui l’ambassade de France en Côte-d’Ivoire a refusé le visa. Il existe un tel fossé entre les pays francophones que se posent de véritables problèmes d’échanges, non seulement culturels et de libre circulation, mais encore de partenariat gagnant-gagnant et bien plus encore. Aujourd’hui il est plus facile pour un étudiant africain francophone d’aller étudier en Chine, en Turquie ou au Brésil qu’au Canada ou qu’en France. Quand on partage la même langue qu’une personne on est de facto plus proche, parce qu’on peut se comprendre, on peut échanger, discuter et trouver ensemble le chemin à suivre. De véritables efforts devraient être consentis pour réduire ces clivages entre les Etats membres de la francophonie. La petite Camerounaise qui vend ses marchandises au marché d’Edéa, le paysan de la ville d’Abomey au Bénin, le cultivateur de Bobo Dioulasso au Burkina F aso se sentent-ils francophones ? En quoi se sentent-ils impliqués ? Que fait l’Organisation pour ne pas rester une organisation d’intellectuels ? img_52287_michaelle-jean-je-suis-candidate-pour-diriger-la-francophonie

Et qu’en est-il de la place de la femme dans l’espace francophone ? Il n’y a jamais eu de femme à la tête d’un Etat francophone. Celle qui dirige la transition en Centrafrique n’est pas présidente de la République élue au suffrage universel. Elle a été désignée Chef d’Etat de la transition, et là encore en peu de temps elle réédite les mêmes exploits que tous ses prédécesseurs à tel point que même les groupes armés réclament sa démission. Ce qui conforte l’idée d’absence de leadership dans la junte féminine francophone. En Afrique anglophone on peut citer Joyce Banda au Malawi et Ellen Johnson Sirleaf au Liberia, ailleurs il ya la présidente du Brésil pour ne citer que celles-là. Et puisque les pays francophones battent le record des soulèvements armés, l’on sait que ces derniers ne se font jamais sans viols, rapts, etc.

Evoquons l’implication des jeunes dans la gestion des Etats francophones et la place de la jeunesse dans les instances de prise de décisions à l’échelle internationale. Il suffit de voir Abdelaziz Bouteflika, Blaise Campaoré ou de penser aux défunts Houphouët-Boigny, Gnassingbé Eyadéma (remplacé à sa mort par son fils Faure) et Omar Bongo Ondimba, de regarder l’âge des ministres des pays francophones pour comprendre que les Etats membres de la francophonie ont encore du chemin à faire à ce niveau-là. On ne passe pas la main à la jeunesse, même dans les organisations internationales. On met en avant la question de l’inexpérience pour écarter les jeunes quand il s’agit de nommer à des postes de responsabilité.

Tout en rendant hommage à Abdou Diouf et son équipe pour les avancées considérables dans la promotion de la démocratie, on a envie de dire à l’OIF qu’elle doit s’impliquer davantage au sein de ses Etats membres pour remettre les pendules à l’heure. En novembre prochain, dans la capitale sénégalaise l’OIF désignera son nouveau secrétaire général. Autour de quelle candidature se fera le « consensus » ?

 

 

 

Centrafrique : comment réussir enfin la transition

Le président de l’Autorité nationale des élections vient de le reconnaître : les élections prévues pour février 2015 ne pourront pas se tenir à cette échéance. Quel avenir pour le retour de la démocratie en République centrafricaine ? Comment sortir de cette crise ? Si l’on veut vraiment voir le bout du tunnel, il n’existe pas 36 solutions, des actions concrètes s’imposent.

I- De la médiation sous-régionale

La médiation des pays de la sous-région Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) a montré ses limites, les fauteurs de trouble centrafricains ont fait le tour des capitales sous-régionales sans trouver de solution. Il y a eu les rencontres et multiples accords de Libreville, les rencontres et accords de Ndjamena, les pourparlers de Brazzaville un, deux et trois. Chaque fois les mêmes personnes, se cachant derrière les mêmes entités, qui d’ailleurs voient leur nombre grossir à chaque épisode s’en vont se partager le gâteau dans ces capitales, touchent des per diem et imposent leurs volontés. Simplement parce qu’ils ont des moyens de pression qui sont les massacreurs de masses lourdement armés sur le terrain. Les différents protagonistes ont des soutiens dans ces capitales sous- régionales. La quasi-totalité des chefs d’Etat de la Cemac étant eux-mêmes arrivés au pouvoir dans leur pays à la faveur d’un coup d’Etat et gagnent systématiquement par l’opération du Saint-Esprit toutes les élections qu’ils organisent depuis quelques décennies. Il est impératif d’avoir un médiateur fort qui peut taper du point sur la table en disant « c’est bon, la recréation est terminée, on se met au pas et on avance vers le désarmement,  la démobilisation et la réinsertion afin d’aller aux élections. » Quel pays est prêt à jouer ce rôle ?

II- Des institutions de la République

a- La présidence

Au risque de choquer les militants de cette cause, je pense qu’on ne peut plus continuer à changer indéfiniment la tête de la transition en RCA. D’ailleurs il faut bien que l’on songe à sortir de cet état de fait pour redevenir un pays normal, ceci ne sera possible que suite à des élections libres et démocratiques.

Changez dame Samba Panza et le prochain président de la transition se livrera aux mêmes errements. Il voudra aussi nommer tous les membres de sa famille, ses copines, s’en mettre plein les poches, etc. Ce sera un éternel recommencement et les élections repoussées aux calendes grecques. Assez ! Laissons Samba Panza conduire la barque jusqu’aux élections. Il va sans dire qu’il y a un virus de l’incompétence qui sévit au palais de la Renaissance et tous ses locataires depuis deux décennies sont automatiquement contaminés. Non, cela suffit on a vraiment pas besoin d’un énième larron. Continuer la lecture

Si comme moi vous cherchez des raisons qui vous rendraient fiers de votre pays la Centrafrique…

La RCA n’est tout de même pas dernière en tout et dans tous les domaines. En boule à l’idée que mon pays ne bat que des records négatifs tels : Premier dans la sous-région et dixième sur le plan mondial en matière d’infection à VIH, classé parmi les pays les plus dangereux de la planète. Bref, je m’arrête à ce niveau d’autant que l’objet de ce billet est de vous fournir quelques bonnes raisons pouvant conforter votre fierté d’être centrafricain. Ne souriez pas, il en existe et pas des moindres. Sceptiques ? Jugez vous-même:

Nous sommes le seul pays en Afrique central où aucun président n’a fait vingt ans au pouvoir. C’est l’Empereur Jean Bedel Bokassa qui détient le record de durée à la tête de l’Etat Centrafricain avec ses treize années de règne (1966 à 1979)… bon avec les coups d’états ratés et réussis,  vous avez compris que l’alternance n’a pas toujours été démocratique chez nous. Soit !

Mais figurez-vous qu’on avait déjà une élection présidentielle en 1981. Plus précisément le 15 Mars 1981 David Dacko était élu à plus de 50% des voix.  La quasi-totalité des autres pays africains ont eu des élections seulement après les années 90, notamment après le fameux discours de la Baule prononcé le 20 Juin 1990 lors de la 16e conférence des Chefs d’états d’Afrique et de France. On se souvient que  François Mitterand  intimait carrément l’ordre d’instaurer la démocratie, le multipartisme et les élections.

Vous n’avez pas remarqué qu’aujourd’hui le concept genre est à la mode ? Tout le monde s’accorde à affirmer qu’il faut donner sa place à la femme dans la gestion de la chose publique. Cependant c’est depuis le 02 Janvier 1975 qu’une femme fut  nommée premier ministre en Centrafrique …La première femme à occuper ce poste en Afrique. Même bien avant la France, heu…En passant, cette dernière a-t-elle-même déjà eu un premier ministre femme ? Bon c’est pas moi qui comparerais les conditions de vie de la femme française à celles de mes compatriotes, c’est le jour et la nuit. Chez moi, elles sont encore violées, mutilées, battues, abandonnées avec une grossesse ou des enfants et la liste n’est pas exhaustive. Continuer la lecture

Pourquoi François Bozizé empêche t-il l’évacuation sanitaire de Ange Félix Patassé?

L’ancien Chef d’état centrafricain Ange Félix Patassé, candidat malheureux à l’élection présidentielle du 23 Janvier 2011 et l’un des initiateurs du FARE : Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections est empêché d’évacuation sanitaire. Selon son cabinet, les autorités centrafricaines refusent de laisser partir Ange Félix PATASSE, pour des visites sanitaires à Malabo en Guinée Equatoriale. Cette situation a été déplorée par son porte parole Guy Simplice KODEGUE, au cours d’un point de presse tenu au domicile de ce dernier dont l’état de santé nécessite une évacuation selon son Médecin. Pour Fidele Ngouandjika porte parole du gouvernement, à période sensible il faut une autorisation spéciale, et les démarches sont en cours pour délivrer à Ange Felix Patassé cette autorisation.

Celui qui a toujours rétorqué à la question de savoir s’il n’était pas temps à 74 ans de penser à la retraite, qu’il se sentait comme un garçon de 18 ans est rattrapé par la maladie. Le 15 Mars 2011 pendant que se déroule l’investiture de François Bozizé des rumeurs sur son décès ont fait le tour du pays. Rumeurs que Patassé a personnellement démenti à la radio.

Aujourd’hui Bozize tient à garder à portée de mains celui qu’il a chassé du pouvoir en 2003.

Ces deux hommes, rescapés du régime du célébrissime empereur Jean Bedel BOKASSA se connaissent trop bien. Ange Félix Patassé a été Premier ministre de Bokassa et François Bozizé l’aide camps rapproché de papa Bok. Tous deux contraints à l’exil sous le régime du General André Kolingba après être mêlés à une tentative de coups d’état. Revenus tous deux au pays en 1993 pour la course au palais de la renaissance, c’est Patassé qui gagnait finalement le fauteuil présidentiel. Il a eu une pensée pour son beau frère François Bozizé qu’il nomma Chef d’état major. Accusé d’intelligence avec les putschistes du 28 Mai 2001, Bozizé s’exile au Tchad pour ne pas être mis aux arrêts par Patassé. C’est de là-bas, qu’il orchestre et réussit le coup d’état du 15 Mars 2003, contraignant Patassé à l’exil au Togo.

N’ayant pu participer aux élections de 2005 qui a maintenu Bozize au pouvoir, Patassé est revenu s’affirmer comme le seul adversaire de taille devant Bozizé. Tous deux connaissent la capacité de nuisance de l’autre.

Le Président Bozizé craint-il que cette évacuation sanitaire ne soit en réalité qu’un prétexte pour aller chercher des armes et des soutiens vu que le scrutin du 23 Janvier 2011 est contestée ?

Et si Patassé était effectivement gravement malade, en cas du pire, le General Pasteur Président ne l’aurait-il pas sur la conscience ?

La RCA n’a plus qu’un seul ancien Chef d’état en la personne de Patassé, ce dernier devrait en principe être protégé comme une institution de la République…

Le furtur Président centrafricain et Jean Pierre Bemba Gombo…

A vos marques, prêts, partez : Le 29 Novembre 2010 la cour constitutionnelle centrafricaine a validé 06 candidatures sur 09 pour la course au fauteuil présidentiel. Pendant que se déroule à la Haye aux Pays-Bas le procès de Jean pierre Bemba Gombo pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire centrafricain, Ange Félix Patassé président de la République à l’époque où les hommes de Jean Pierre Bemba ont commis ces exactions, François Bozizé son chef d’état major qui est finalement rentré en rébellion et que les banyamulenge ont également combattu, Jean Jacques Demafouth son Ministre de la défense, Martin Ziguélé son premier ministre sont tous candidats aux présidentielles de Janvier 2011 en Centrafrique.
Si tous ces Messieurs ne sont pas mis en cause dans ce procès, et peut être pas pénalement responsables de ces exactions ils ont tout de même à un moment où le peuple leur faisait confiance prit des décisions qui ont coûté la vie à des centrafricains. Paradoxalement c’est entre ces hommes que les centrafricains iront choisir leur futur président. Et connaissant le jeu politique, les alliances, accords et compagnie, on pourra se retrouver avec du déjà vu…
Apres 50 ans d’indépendances, voilà comment fonctionne la classe politique centrafricaine. Les grands partis politiques se résument à des leaders charismatiques, ces derniers étant humains la mort finit toujours par avoir raison d’eux. Du coup on se retrouve avec un FPP du feu Abel Goumba divisé entre son fils Alexandre Goumba et maurice Kotayé, un FPP affaibli qui ne compte presque plus parmi les grands partis.
Le rassemblement Démocratique Centrafricain du feu ancien président André Kolingba a présenté in extremis Emile Gros Raymond Nakombo aux présidentielles sauf que ce dernier ne fait pas l’unanimité au sein du parti. La jeunesse du RDC, prête à tout pour avoir sa part de gâteau est décidée à donner sa voix au Président candidat François Bozizé.
Le Parti de l’Unité Nationale de Jean Paul Ngoupandé, qui est parti se soigner en France, est désormais divisé, la guerre des chefs pour des intérêts égoïstes ont affaibli ce parti en sorte qu’il ne compte presque plus sur la scène politique nationale.
Enfin le MLPC, après avoir massivement voté pour Martin Ziguélé en l’absence de l’ancien Président Ange Félix Patassé aura l’embarras de choix entre son président Martin ziguélé et le désormais candidat indépendant Patassé ex  leader charismatique de ce grand parti.
Justin Innocent Wilité, l’un de ceux qui sont sortis de nulle part pour meubler la liste au moment où les candidats de l’opposition voulaient boycotter le processus électoral passerait inaperçu au milieu d’une foule à Bangui.
Et donc, on est bien partis pour se retrouver avec un scenario bien connu avec les mêmes acteurs. Comme si en dehors de ce beau monde qui a écrit quelques pages noires de l’histoire de la RCA,  il n’y’a aucun Centrafricain capable d’occuper des postes de décisions.  Ils prennent même la précaution de préparer leurs fils à la succession : On retrouve les fils Bozize, Kolingba, Bokassa, si ce n’est pas dans le gouvernement, à l’assemblée nationale. Et lors du dialogue national, l’homme du 15 Mars a même déclaré pour montrer sa bonne foi qu’il avait proposé à un fils Patassé d’être dans le gouvernement mais il s’est buté à un non…Bon s’ils se partagent équitablement le gâteau, le peuple pourra enfin vivre en paix…

En exclusivité: Comédie des politiciens centrafricains.Ne ratez aucun épisode.

Le 15 Novembre 2010 au palais de la renaissance, après une énième réunion avec la classe politique centrafricaine en présence de la communauté internationale, le président de la République François Bozize demande à la CEI d’accepter les dossiers de candidature des candidats retardataires de l’opposition aux élections groupées de Janvier 2011, ceci toute la journée du 16 Novembre jusqu’à minuit.

Pour  tous ceux qui ne connaissent pas la classe politique centrafricaine c’est un grand Ouf de soulagement. Voilà une autre crise de désamorcée, on a évité une fois de plus le pire…mais pour l’observateur averti,  habitué aux micmacs des hommes politiques centrafricains, tous de véritables champions olympiques en ping-pong et  maîtres dans l’art de tirer le drap de leur côté guidés uniquement par des intérêts égoïstes au grand dam du peuple centrafricain ce n’est encore qu’une nouvelle saison d’une série tragicomique concoctée à la hollywoodienne.

Le dernier épisode en date dont je viens de donner le dénouement illustre parfaitement ces propos. Voilà à peu près comment les choses se sont déroulées :

Acte 1 scène 1 : Ping: 19 Octobre 2010 le Président de la République convoque une réunion avec la classe politique centrafricaine en présence de la communauté internationale pour faire le point sur les avancées vers les élections de Janvier 2011. Lors de cette rencontre la CEI est mise dans le box des accusés. Cette commission s’est vue traitée d’incompétence, et accusée de malversation financière etc. Au passage le Président du MDREC Joseph Bendounga est expulsé manu militari de la salle pour perturbations. Le Président de la République constate que les choses avancent au ralenti et que techniquement il est utopique d’attendre la confection des cartes électeurs magnétiques pour aller aux élections.

Pong : Au sortir de cette réunion  l’opposition politique réunie au sein du Collectif des Forces de Changement au cours d’une conférence de presse, remet en cause les décisions prises par le Chef de l’état lors de la rencontre. Dresse une liste d’exigences et menace de se retirer du processus électoral si ces exigences ne sont pas respectées et condamne en même temps l’expulsion de Joeph Bendounga .

Re pong : L’opposant Auguste Boukanga publie un communiqué dans lequel il demande la formation d’un gouvernement d’union nationale qui emmènera le pays aux élections, la dissolution  de l’assemblée nationale parceque le mandat des actuels députés est arrivé à leur terme etc.

Ping: C’est le Ministre Fidele Ngouandjika, porte-parole du gouvernement qui déverse sa hargne contre l’opposition sur les ondes de la radio nationale. Il fustige les propos de Martin Ziguélé sur Rfi, voit dans le communiqué d’Auguste Boukanga des démarches pour entrer coûte que coûte dans le gouvernement.

Re- Ping : Par un communiqué Le président de la CEI modifie la date des dépôts de candidature et la ramène du 28 Octobre au 08 Novembre 2010 au lieu du 08 Novembre au 08 Décembre 2010. Il parle de simple report technique.

Pong : L’opposition condamne une décision unilatérale en violation de l’article 4 de l’accord politique du 10 Août et de l’article 47 du code électorale,  et décide de s’en tenir aux dates initiales. Elle exige en même temps la démission du président de la CEI et du Rapporteur Général et se dit prête à retirer ses représentants  au sein de cette commission.

Ping : Pour le gouvernement par la voix de son porte-parole, cette réaction n’est que du juridisme inutile. Le président de la CEI, Joseph BINGUIMALET a ouvertement déclaré qu’il ne démissionnera pas.

Ping : A vos marques prêt partez, le 08 Novembre à minuit la CEI clôt officiellement la date des dépôts de candidature. Le 09 Novembre, au lendemain de la clôture du dépôt des dossiers de candidature, Martin ziguélé, président du MLPC dépose son dossier de candidature et ceux  des députés de son parti. S’agit-il de la mise en exécution de la décision du Collectif des Forces du Changement de boycotter cette nouvelle date? Ou simplement se sentant pris au piège parce que le Candidat de l’ADP parti membre de l’UFVN ainsi que Jean Jacques Demafouth ont déposé leurs dossiers de candidatures en douce dans le nouveau délai de la CEI le candidat du MLPC voulait se rattraper ? Ce qui allait être le cas Ziguélé et autres a pu être réglé sans un énième accord politique et  « sans médiateur ? » comme ils nous habitué.

L a rencontre du 15 Novembre a finalement désamorcé la crise qu’ils ont (ils : mis d’un côté pour l’opposition politique et d’un autre côté pour le porte parole du gouvernement) copieusement alimenté par la voie des ondes. Se rejetant les fautes, s’évertuant à avancer des arguments et s’illustrant dans des propos que des gens qui ont le souci de préserver la paix et l’unité nationale n’oseraient pas dire sur les ondes.

Réfléchissons : Le rôle d’un parti politique c’est aussi et surtout d’aller aux élections, si ces bonshommes se réservent le droit de se retirer du processus électoral, que font-ils de leurs partisans, et de tous ces gens qui les soutiennent ? S’en foutent-ils royalement? Ou c’est un simple aveu d’impuissance ? Il faut reconnaitre que la majorité de ces messieurs, sur une échelle de 1 à dix, atteindraient  difficilement le chiffre 3 quand aux chances de réunir le suffrage universel. D’où cet entêtement à boycotter les élections et réclamer juste leur part de gâteau à toutes les occasions propices ?

Et la CEI qui, de but en blanc prend une décision qui engage quand même la destinée d’un pays en violation du code électoral. Report technique, on veut bien y croire mais ça coûtait quoi de respecter l’article 4 de l’accord politique qui est on ne peut plus clair et qu’on pourrait traduire comme suit dans le cas d’espèce: Convoquer  tous les acteurs impliqués dans le processus et réviser le calendrier ensemble.

Et le gouvernement qui fait de cette décision de la CEI sienne au point de s’en prendre avec des mots durs aux opposants, alimentant la polémique et le suspens pendant des jours…

Quand je pense qu’il y’a des compatriotes qui sont prêts à en venir aux mains pour ces comédiens égocentriques….Sic !

On est habitué à tout ça… alors à quand le prochain épisode de cette comédie signée classe politique centrafricaine ? Wait and see….

RCA: Vers des elections democratiques en Janvier 2011?

Le recensement électoral débuté depuis trois semaines à Bangui capitale de la République Centrafricaine et dans les villes de l’arrière pays oscille entre fraude et désintéressement de la population. La faible mobilisation des centrafricains pour les inscriptions sur les listes électorales est observée sur tout le territoire national. Selon quelques agents recenseurs, cette faible mobilisation s’explique par la coïncidence avec la  campagne de distribution des Moustiquaires imprégnées. La population préférant s’aligner dans les rangs pour recevoir ces moustiquaires. Cependant depuis deux semaines que la distribution de ces moustiquaires a prit fin à Bangui, les choses ne se sont pas améliorées pour autant. Dans la Haute Kotto, les opérations de recensement connaissent d’énormes difficultés à cause de l’insécurité. Ces opérations de recensement électoral marchent non seulement au ralenti mais connaissent de graves dérapages.

Le Ministre de l’intérieur et de la sécurité public Jules Bernard Ouandé  a mis en garde le président du comité local de la CEI du huitième arrondissement par rapport aux cas de Fraudes électorales orchestrées  ces derniers temps dans cet arrondissement. Mais, les membres de la CEI du dit arrondissement réfutent ces accusations et parlent d’une intimidation. Il faut noter que le ministre Ouandé est lui-même candidat à la députation dans le huitième arrondissement. Il dispute ce fauteuil avec Madame Justine MAMBA qui a remporté les primaires du parti travailliste KNK, le parti politique du général pasteur président François BOZIZE. Soulignons en passant que des querelles intestines minent  ce parti qui est un géant aux pieds d’argile, le général Jules Bernard Ouandé, compagnon d’arme du président de la République trouve qu’il est le seul candidat capable de remporté le fauteuil de député dans le dit arrondissement face aux poids lourd de l’opposition dans la localité.

Après Bangui, le cas d’un poste de recensement parallèle  à la CEI  locale de Berberati a été signalé. Il s’agit d’une autorité de cette ville qui a transformé sa maison en poste de recensement électoral. Des listes vierges et cartes pour les recensements ont été découvertes dans ce poste.

Le programme des nations Unis pour le Développement à Bangui, principale partenaire de la RCA dans l’organisation de ces élections, a lancé un avis pour recruter des associations en vue de sensibiliser la population afin de s’inscrire sur les listes électorales.

Il faut également noter que la Commission Electorale Indépendante, vient d’apporter un changement dans le chronogramme des élections groupées de janvier 2011. La date du dépôt des candidatures pour les élections initialement prévue pour le 10 octobre, vient de connaitre un nouveau report. Selon un communique rendu public par la commission électorale indépendante, les dépôts de candidatures commenceront le 8 novembre prochain.

Sommes nous entrain d’aller clopin-clopant vers des élections groupées, transparentes et démocratiques comme prévu en Janvier 2011? Affaire à suivre…