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En exclusivité: Comédie des politiciens centrafricains.Ne ratez aucun épisode.

Le 15 Novembre 2010 au palais de la renaissance, après une énième réunion avec la classe politique centrafricaine en présence de la communauté internationale, le président de la République François Bozize demande à la CEI d’accepter les dossiers de candidature des candidats retardataires de l’opposition aux élections groupées de Janvier 2011, ceci toute la journée du 16 Novembre jusqu’à minuit.

Pour  tous ceux qui ne connaissent pas la classe politique centrafricaine c’est un grand Ouf de soulagement. Voilà une autre crise de désamorcée, on a évité une fois de plus le pire…mais pour l’observateur averti,  habitué aux micmacs des hommes politiques centrafricains, tous de véritables champions olympiques en ping-pong et  maîtres dans l’art de tirer le drap de leur côté guidés uniquement par des intérêts égoïstes au grand dam du peuple centrafricain ce n’est encore qu’une nouvelle saison d’une série tragicomique concoctée à la hollywoodienne.

Le dernier épisode en date dont je viens de donner le dénouement illustre parfaitement ces propos. Voilà à peu près comment les choses se sont déroulées :

Acte 1 scène 1 : Ping: 19 Octobre 2010 le Président de la République convoque une réunion avec la classe politique centrafricaine en présence de la communauté internationale pour faire le point sur les avancées vers les élections de Janvier 2011. Lors de cette rencontre la CEI est mise dans le box des accusés. Cette commission s’est vue traitée d’incompétence, et accusée de malversation financière etc. Au passage le Président du MDREC Joseph Bendounga est expulsé manu militari de la salle pour perturbations. Le Président de la République constate que les choses avancent au ralenti et que techniquement il est utopique d’attendre la confection des cartes électeurs magnétiques pour aller aux élections.

Pong : Au sortir de cette réunion  l’opposition politique réunie au sein du Collectif des Forces de Changement au cours d’une conférence de presse, remet en cause les décisions prises par le Chef de l’état lors de la rencontre. Dresse une liste d’exigences et menace de se retirer du processus électoral si ces exigences ne sont pas respectées et condamne en même temps l’expulsion de Joeph Bendounga .

Re pong : L’opposant Auguste Boukanga publie un communiqué dans lequel il demande la formation d’un gouvernement d’union nationale qui emmènera le pays aux élections, la dissolution  de l’assemblée nationale parceque le mandat des actuels députés est arrivé à leur terme etc.

Ping: C’est le Ministre Fidele Ngouandjika, porte-parole du gouvernement qui déverse sa hargne contre l’opposition sur les ondes de la radio nationale. Il fustige les propos de Martin Ziguélé sur Rfi, voit dans le communiqué d’Auguste Boukanga des démarches pour entrer coûte que coûte dans le gouvernement.

Re- Ping : Par un communiqué Le président de la CEI modifie la date des dépôts de candidature et la ramène du 28 Octobre au 08 Novembre 2010 au lieu du 08 Novembre au 08 Décembre 2010. Il parle de simple report technique.

Pong : L’opposition condamne une décision unilatérale en violation de l’article 4 de l’accord politique du 10 Août et de l’article 47 du code électorale,  et décide de s’en tenir aux dates initiales. Elle exige en même temps la démission du président de la CEI et du Rapporteur Général et se dit prête à retirer ses représentants  au sein de cette commission.

Ping : Pour le gouvernement par la voix de son porte-parole, cette réaction n’est que du juridisme inutile. Le président de la CEI, Joseph BINGUIMALET a ouvertement déclaré qu’il ne démissionnera pas.

Ping : A vos marques prêt partez, le 08 Novembre à minuit la CEI clôt officiellement la date des dépôts de candidature. Le 09 Novembre, au lendemain de la clôture du dépôt des dossiers de candidature, Martin ziguélé, président du MLPC dépose son dossier de candidature et ceux  des députés de son parti. S’agit-il de la mise en exécution de la décision du Collectif des Forces du Changement de boycotter cette nouvelle date? Ou simplement se sentant pris au piège parce que le Candidat de l’ADP parti membre de l’UFVN ainsi que Jean Jacques Demafouth ont déposé leurs dossiers de candidatures en douce dans le nouveau délai de la CEI le candidat du MLPC voulait se rattraper ? Ce qui allait être le cas Ziguélé et autres a pu être réglé sans un énième accord politique et  « sans médiateur ? » comme ils nous habitué.

L a rencontre du 15 Novembre a finalement désamorcé la crise qu’ils ont (ils : mis d’un côté pour l’opposition politique et d’un autre côté pour le porte parole du gouvernement) copieusement alimenté par la voie des ondes. Se rejetant les fautes, s’évertuant à avancer des arguments et s’illustrant dans des propos que des gens qui ont le souci de préserver la paix et l’unité nationale n’oseraient pas dire sur les ondes.

Réfléchissons : Le rôle d’un parti politique c’est aussi et surtout d’aller aux élections, si ces bonshommes se réservent le droit de se retirer du processus électoral, que font-ils de leurs partisans, et de tous ces gens qui les soutiennent ? S’en foutent-ils royalement? Ou c’est un simple aveu d’impuissance ? Il faut reconnaitre que la majorité de ces messieurs, sur une échelle de 1 à dix, atteindraient  difficilement le chiffre 3 quand aux chances de réunir le suffrage universel. D’où cet entêtement à boycotter les élections et réclamer juste leur part de gâteau à toutes les occasions propices ?

Et la CEI qui, de but en blanc prend une décision qui engage quand même la destinée d’un pays en violation du code électoral. Report technique, on veut bien y croire mais ça coûtait quoi de respecter l’article 4 de l’accord politique qui est on ne peut plus clair et qu’on pourrait traduire comme suit dans le cas d’espèce: Convoquer  tous les acteurs impliqués dans le processus et réviser le calendrier ensemble.

Et le gouvernement qui fait de cette décision de la CEI sienne au point de s’en prendre avec des mots durs aux opposants, alimentant la polémique et le suspens pendant des jours…

Quand je pense qu’il y’a des compatriotes qui sont prêts à en venir aux mains pour ces comédiens égocentriques….Sic !

On est habitué à tout ça… alors à quand le prochain épisode de cette comédie signée classe politique centrafricaine ? Wait and see….

Comment en finir avec les exactions et bains de sang

Le sang du centrafricain a une fois de plus coulé dans la matinée du 03 novembre 2010. La scène qui s’est passée au consulat du Centrafrique à Douala s’inscrit malheureusement comme la plupart des causes de décès en RCA dans le registre de la course au pouvoir.

Bref rappel des faits : Des centrafricains qui seraient des partisans de l’ex  président Ange Félix Patassé, (et ils sont nombreux à s’être refugié au Cameroun voisin  après le coup d’état du 15 Mars 2003 qui a porté au pouvoir le General François Bozize yangouvonda), sont venus s’inscrire sur la liste électorale en vue de l’obtention de cartes d’électeurs. Devant le refus du fonctionnaire du consulat de leur délivrer des cartes d’électeurs parcequ’ils n’avaient pas les pièces autorisées par la loi, c’est-à-dire des cartes nationale d’identité, beaucoup brandissaient selon les déclarations du pasteur Joseph Binguimalet, président de la commission électorale indépendante des copies d’actes de naissance. Les protestations ont vite tourné en émeute.  Bilan : un vigile mort de coups de poignards et plusieurs blessés graves.

C’est  désormais prouvé : Bien qu’elle ait plusieurs affluents, la source principale des problèmes du Centrafricain demeure le pouvoir sous toutes ses formes : Le pouvoir tant convoité, le pouvoir non partagé, le pouvoir mal géré et j’en passe.

Savez vous pourquoi le centrafricain est  prêt à toutes les abominations pour accéder au pouvoir et le conserver à tout prix ? Élémentaire :

Depuis la nuit des temps le pouvoir chez nous a toujours été un business familial, ceux qui sont du clan du tout puissant président jouissent d’une certaine notoriété et de nombreux privilèges. Ils peuvent voler, assassiner, marcher sur les autres en toute impunité.

C’est pourquoi ceux qui sont au pouvoir vendraient leur âme au diable pour le conserver et les autres sont prêts à tous les forfaits pour le leur arracher. Au milieu se retrouve sans défense, la grande masse de la population marginalisée. Ceux là qui ne comptent pas et qui font les frais de la capacité de nuisance des deux premiers. C’est elle qu’on piétine, assassine, vole et à qui l’on ment lors des mascarades électorales.

Que voulez-vous, si dans une république ceux  qui naguère n’avaient rien du tout, juste quelques mois plus tard croulent sous des centaines de millions, roulent de gros cylindrés  juste parceque quelqu’un de leur clan est au pouvoir.  Comment ne pas comprendre que tous les autres veulent voir un des leur à la magistrature suprême et ceci par tous les moyens ?  Si dans un gouvernement on retrouve, le fils, le cousin, la copine du cousin, la tante du chef de l’état, comment résister à la tentation de s’emparer du pouvoir ? Le pouvoir offre tellement de privilèges qu’on n’a pas idée à passer la main une fois qu’on l’a. comme dit mon grand-père, le pouvoir c’est comme une arme et un homme, un vrai ne donne pas son coutelât à autrui, parcequ’une fois en possession celui-ci peut te nuire.

Et si nous voulons que tout cela finisse un jour…Il faut une réelle volonté de changer les choses, il faut revoir le système…Nous devons peut

être revoir la portée de la fonction du président de la république, peut-être réduire l’étendu du pouvoir qu’on donne à ces gens qui nous gouvernent. Mettre en place des mécanismes de contrôle, des gardes fous pour arrêter un peu l’ardeur de tous ces marathoniens qui courent vers le pouvoir, qui ne respectent rien et tuent tout sur leur passage…Ou bien?