Archives de catégorie : Politique

Comment sauver la RCA? Ma reponse à Mansoura

Mansoura c’est ma voisine au KM5, rue de la Croix rouge dans le 3ème arrondissement de la capitale centrafricaine. Hier soir, on s’est retrouvé sur Facebook et on a parlé de notre pays la Centrafrique :
– Bonjour Johnny, ça fait un bail, comment tu vas ?
– Je vais bien merci et toi ?
-Ça va très bien, mes condoléances pour ton petit-frère.
-Merci, dis-moi t’es toujours à Bangui ?
-Ah, comment le pourrais-je avec toutes ces horreurs ? Je ne pouvais pas rester, je suis à Douala en ce moment, mais ma famille se trouve encore à Alindao, je m’inquiète beaucoup pour elle. Si les antis-balaka arrivent dans cette ville, ça va être grave, ils tuent systématiquement tous les musulmans.
– Ouais je sais, moi aussi toute ma famille est restée à Bangui, je suis autant inquiet que toi.
– Johnny tu serais capable de me tuer ? Pourquoi ils tuent les peuhls qui sont des centrafricains ? Et pourtant ils savent bien que nous aussi on ne s’entend jamais avec les tchadiens. On va faire comment nous les peuhls, c’est notre pays.

– Lol, te tuer ? Tu me crois vraiment capable de tuer un être humain ? Ta question me frustre Mansoura. Tu me connais, tu venais dans ma maison et faisais ce que tu voulais. Je n’ai pas changé. Quand à te dire pourquoi on tue les musulmans et peuhls centrafricains en RCA, tu me poses là une question bien difficile…
– Je t’assure Johnny, excuses-moi mais je ne sais plus en qui faire confiance, tu es parti bien avant moi, mais quand tu avais fui les exactions de la seleka, ce n’était encore rien comparé à ce que j’ai vécu. Il fallait voir les cadavres dans les caniveaux et joncher les abords de la route…Au fait, ton ami Ahmat a été tué, et sa sœur qui était enceinte aussi a été éventrée par les anti-balaka…Et tu es au courant qu’on a pillé ta maison ?
Qu’est ce que tu me raconte là Mansoura… Ahmat ? Ce n’est pas vrai ! Comment cela s’est passé ?
Pour ma maison je m’en doutais un-peu, après l’enterrement de mon petit-frère dans notre concession (ils ne pouvaient pas aller jusqu’au cimetière), aucun membre de ma famille n’a plus jamais prit le risque d’aller au KM5 où se trouve notre maison familiale.

Ahmat n’était pas pour moi un ami mais plus qu’un frère. On a grandi ensemble au KM5, il était musulman. On a fait les 400 coups ensemble. Quand la seleka était arrivé au pouvoir, si je recevais une menace ou si je suis resté tard quelque-part c’est lui que j’appelais pour venir me chercher afin de rentrer ensemble à la maison. Sa famille est comme ma famille. Ahmat m’aurait remit une arme et dormi sur ses deux oreilles sachant qu’il ne pouvait rien craindre de moi et vice-versa.
– Johnny, penses-tu que qu’on peut s’en sortir ? Crois-tu que la paix est encore possible ? Que les choses pourront redevenir comme avant en RCA ?
Je n’avais pas donné de réponse à Mansoura…J’étais perdu dans mes réflexions. Je pensais à Ahmat, aux soirs où on mangeait du méchoui de cabris ensemble devant Etoile autour d’un pot de jus de fruit. Je me rappelle nos virées en boite, et quand au petit matin il venait d’abord se changer chez moi pour faire croire à ses parents qu’il avait passé la nuit à regarder un film chez moi…Aujourd’hui, j’ai décidé de répondre  à Mansoura. Cette réponse, je la rends public pour tous les centrafricains. Oui, on peut s’en sortir ma chère Mansoura. Nous sommes en face d’une situation difficile mais c’est encore possible de nous tirer d’affaire.
Avant de proposer un plan pour une sortie de crise, analysons succinctement la situation. Continuer la lecture

Pourquoi et comment j’ai quitté l’enfer centrafricain

Une foule de manifestants barricade l’entrée de l’aéroport Bangui M’poko, brandissant des pancartes sur lesquelles on peut lire : Oui à l’opération Sangaris, Non à la Seleka, Michel Djotodja, démission

Le taximan qui me conduit décide de s’arrêter à une centaine de mètres de la foule. Il ne veut aller plus loin, de peur que les manifestants ne caillassent sa voiture.

Entre moi et l’aéroport, il y a une meute en colère. Ces gens ont vu mourir leurs proches et ont certainement eux aussi lynché d’autres personnes. Que vaut ma vie pour eux ?

Mais il me faut atteindre l’unique porte de sortie de la Centrafrique. Je n’ai pas le choix. Je récupère mon sac à dos sur le siège arrière, descends du taxi et m’avance vers la foule… Un manifestant m’interpelle.

– Hey toi, tu vas où ? Tu es en train de fuir, c’est ça? Nous on est là, parce que la question du pays nous tient à cœur.

Je continue d’avancer, souriant aux uns, évitant de répondre. Cette frange de la population est celle qui est hostile à la Seleka, et c’est parce que je ne suis pas musulman, qu’ils m’ont laissé tranquille. Les Centrafricains sont entraînés dans un cycle de violences indescriptibles. Dans certaines zones, on lynche sans aucune forme de procès les gens en raison de leur religion, chrétienne ou musulmane. Ne me demandez pas le sort des athées, animistes, etc. Continuer la lecture

Pourquoi pensez-vous que des milliers de Centrafricains ont trouvé refuge chez Paul Biya ?

On ne change pas une équipe qui gagne. Il m’a fallu des vacances au Cameroun pour m’en rendre compte. Le pays de Samuel Eto’o fils héberge en ce moment des milliers de Centrafricains. Ils sont innombrables à avoir fui les hostilités, les bruits des détonations à longueur de journée, les pillages, viols et autres exactions de la Seleka (la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Centrafrique le 24 mars 2013) pour se réfugier au Cameroun voisin.

Songent-ils à rentrer un jour au pays ?

– Oui, me répond Koby. Après la fin de la transition, lorsque tout rentrera dans l’ordre et qu’il y aura un nouveau régime démocratique et que je ne me sentirais plus en danger au pays oui, je rentrerai…

Quant à Aby, rentrer en Centrafrique pour s’y installer à nouveau ne fait pas partie de ses projets. “ Ce pays tue les jeunes, n’offre aucune opportunité ”, disait-il avec rage. Non, lui en a assez de fuir tous les cinq  ou dix ans parce que les politiciens centrafricains ont érigé les coups d’Etat en système d’alternance. Continuer la lecture

Qui sera le futur Président Centrafricain ?

A vos marques, prêt ? Mentez, dupez, trompez, bernez les centrafricains !

Le coup d’envoi a été donné par le Chef de la diplomatie française. La visite éclair de Laurent Fabius en Centrafrique a remit les pendules à l’heure, sonné la fin de la recréation, sonné le tocsin pour le début de la course au fauteuil présidentiel, l’exercice favori de la classe politique centrafricaine.

Laurent Fabius a tapé du point sur la table : les Chefs de guerre de l’ex-rébellion Seleka doivent être mis hors d’état de nuire, les élections seront pour 2015 et le Président de la transition assure que ni lui, ni aucun membre de son équipe ne se présentera aux dites présidentielles.

Les voilà qui, un à un, sortent brusquement  de leur torpeur, on se demandait où ils étaient, les leaders politiques centrafricains ? A coups de sorties médiatiques, de propagande sur les réseaux sociaux, chacun essaie de redorer son blason pour duper au mieux cette population qu’ils prennent pour de véritables crétins.

La classe politique centrafricaine, une bande de gamins indisciplinés qui ne s’entendent jamais, qui n’ont jamais de solution et ont toujours besoin de médiateurs extérieurs pour les mettre d’accord, qui ne se réunit que quand il faut contester une élection ou obtenir une entrée dans le gouvernement. Continuer la lecture

Les questions que tout centrafricain doit absolument se poser…

Tant de questions m’assaillent sans cesse ces derniers jours. Des questions dont il faut être dans le secret des dieux pour avoir la réponse.

Malgré tout, il me semble hyper important que les Centrafricains s’arrêtent un instant pour se poser quand même ces questions liées à leur avenir…

Commençons par l’hexagone d’où provient depuis quelques temps des signaux inquiétants qui suscitent quelques interrogations légitimes chez tout observateur averti de la vie socio-politique centrafricaine.

Comment interpréter la visite à Djotodja de Claude Guéant, un homme de la famille politique de Nicolas Sarkozy ? Ce dernier qui voulait « refonder les relations de la France avec l’Afrique » Sarkozy disait le 28 Mai 2008 au Cape en Afrique du Sud que : « La France ne veut pas être en Afrique pour perpétuer sous d’autres formes, des rapports inégaux qui appartiennent à un passé révolu. La relation entre la France et l’Afrique ne peut plus être fondée sur des accords et sur des politiques qui sont des survivances d’une époque où le monde était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui. »

L’une de mes interrogations est de savoir si cette rencontre, dont rien n’a filtré, est une simple visite de courtoisie à un putschiste dont la France refuse de reconnaître la légitimité. Continuer la lecture

François Hollande déroulera t-il le tapis rouge aux dictateurs africains ?

Il convient « que les Africains eux-mêmes puissent organiser le soutien au Mali », a déclaré M. Hollande lors de l’interview télévisée du 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille en 1789.

« Nous devons apporter toute notre solidarité au Conseil de sécurité, il y a une résolution qui permet justement de faire cette intervention avec le soutien de l’ONU », a poursuivi M. Hollande…

Depuis son investiture plus d’un africain se demande ce que réserve le Président François Hollande aux peuples africains. Tout le monde ayant encore en mémoire cette sortie de Nicolas Sarkozy le 28 Mai 2008 au Cap en Afrique du Sud :

« La France veut refonder ses relations avec l’Afrique. Elle ne veut pas être en Afrique pour perpétuer sous d’autres formes, des rapports inégaux qui appartiennent à un passé révolu. La relation entre la France et l’Afrique ne peut plus être fondée sur des accords et sur des politiques qui sont des survivances d’une époque où le monde était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui. »

On a cru un instant que l’Afrique avait enfin trouvé le chef d’état français qu’il fallait, celui décidé à mettre fin à cette France qui tire les ficèles en Afrique, à la main mise de la France dans les décisions engageant la destinée des pays africains, à l’ingérence de la France dans les affaires intérieures des états africains, à cette France qui utilise les leaders africains comme des marionnettes pour servir ses intérêts au grand dam de leur populations… Grosse erreur, les actions qui ont suivi parlent d’elles mêmes et il n’a pas fallu bien longtemps pour se rendre à l’évidence, les choses n’ont pas changé. Continuer la lecture

Centrafrique:Gouvernement d’union nationale, le piege à eviter…

 

Le 24 Janvier 2012 répondant aux questions du site Opinions Internationales sur la situation humanitaire très préoccupantes en RCA que je dénonce régulièrement sur mon blog, j’ai proposé ceci: «  Je pense que toutes les forces vives de la nation devraient se retrouver autour d’une table pour discuter des voies et moyens pour aller vers une sortie de crise. Aujourd’hui, l’opposition politique et le pouvoir en place se regardent en chiens de faïence. (…) Mais si chacun campe sur ses positions, l’issue sera difficile à atteindre. La société civile doit également avoir son mot à dire, car c’est elle qui souffre.

Le dialogue reste l’unique moyen pour les centrafricains de sortir leur pays du bourbier. Je suis heureux que cette même suggestion ait été faite à François Bozizé par le Président Idriss Déby Itno du Tchad et l’ancien Président du Burundi Pierre Bouyoya. Mais attention, dialoguer pourquoi ? Là est là question. Pour se partager le gâteau ? Contenter tout le monde et faire comme si tout va bien dans le meilleur des mondes ? Comme le disait feu Président Ange Felix Patassé : La RCA n’est pas un gâteau…pour se le partager

Nous parlons d’une République, d’une nation, de notre pays que nous ont  laissé en héritage nos pères, un héritage que nous devons préserver pour nos enfants. Un pays dont nous voulons être fiers, une République que nous voulons fréquentable, crédible, respectable et respectée.

Si nous avons l’amour de cette nation, c’est le moment où  jamais de faire passer l’intérêt de la nation avant les intérêts égoïstes. Depuis que le dialogue est ouvert par le Chef de l’Etat, des tractations, des prises de positions, des exigences, des listes de possibles membres de ce fameux gouvernement circulent et alimentent l’actualité ainsi que les rumeurs au point de se poser des questions sur les réelles motivations des gens et même sur les compétences de ces futurs membres du gouvernement. Continuer la lecture

Ange Félix Patassé serait encore en vie si…

Avec la disparition d’Ange Félix Patassé la RCA n’a désormais aucun ancien chef d’état vivant. Sous d’autres cieux ces hommes qui ont eu le privilège d’accéder à la magistrature suprême de l’état sont considérés comme des sages et constituent des recours en temps de crise. J’en veux pour exemple la visite de Bill Clinton à George W. Bush après les attentats du 11 Septembre 2001. Tellement de controverses, de suspicions voir de haine tournent autour du décès de celui qu’on appelait affectueusement « barbu national ». À tel enseigne que les centrafricains doivent une fois de plus dépasser certaines considérations pour s’imposer une réflexion responsable et tirer les leçons pour l’avenir.

Ange Félix Patassé a participé à la vie politique des cinquante années d’indépendances de la jeune République centrafricaine. Tous s’accordent à le lui reconnaître. Il a tout connu durant ces longues années de lutte politique : Plusieurs fois membre de différents gouvernements dès son jeune âge, il a aussi connu la lutte syndicale et le militantisme politique, la prison, l’exil et la gloire à la tête de l’Etat.

Revenu au pays, il a pardonné et s’est fait pardonné (des torts que ses compatriotes lui ont causé et des torts qu’il a causé aux centrafricains). Je garde encore en mémoire le cliché du dialogue politique inclusif, celui sur lequel Ange Félix Patassé ayant fini son discours est soutenu par les bras par François Bozizé qui l’aidait à se rasseoir sous l’applaudissement de tous les centrafricains.

A ce moment, je voyais un Ange Félix Patassé sage de la République, médiateur nationale. Je me disais qu’on aurait plus besoin d’émissaire de la CEMAC ou des Nations-Unies pour être médiateur dans nos crises. Continuer la lecture

Pourquoi le camp du Président François Bozizé doit impérativement inviter les centrafricains au dialogue…

Le pays de Barthélemy Boganda traverse des situations graves qui interpellent le sens de la responsabilité des uns et des autres. Seulement beaucoup Centrafricains, en commençant par les autorités ne semblent pas s’apercevoir des dangers qui guettent leur pays, et les petites voix qui se lèvent par ci, par là et que semblent ignorer les uns et les autres peuvent à l’instar de graves troubles qui gangrènent certains pays d’Afrique amener notre pays dans l’impasse d’où nécessité qu’on y accorde une attention particulière afin de tuer le mal dans  l’œuf.

 

1- DU REFUS D’OBSEQUES OFFICIELLES PAR LES PROCHES DE L’ANCIEN CHEF D’ETAT PATASSE

Je me suis déjà demandé dans un précédent article qu’en cas du pire François Bozizé n’aurait-il pas la mort de Ange Félix Patassé sur la conscience ? Empêché à plusieurs reprises d’aller se soigner à l’extérieur pour des raisons de procédures administratives, c’est fortement rongé par la maladie qu’Ange Félix Patassé alors dernier ancien chef d’Etat centrafricain encore en vie a pu prendre l’avion le 02 Avril 2011 en direction de Douala au Cameroun d’où il doit prendre un autre vol pour Malabo. Il n’a finalement pas pu prendre le vol de Malabo et c’est à Douala capitale économique du Cameroun qu’il a rendu l’âme le 05 Avril 2011. Selon son Porte-parole Guy Simplice Kodeguet, le Président François Bozizé aurait appelé son homologue Théodoro Obiang N’guéma pour lui demander de ne pas recevoir Ange Félix Patassé. La coordination nationale des comités de soutien à la candidature de Ange Félix Patassé à l’élection présidentielle du 23 janvier 2011, a publié vendredi 8 avril un communiqué dans lequel elle interdit au président Bozizé de prendre part aux obsèques de l’ancien président Ange Félix Patassé, rendant le Président Bozize personnellement responsable de la mort de Ange Félix Patassé pour l’avoir empêché pendant trois semaine d’aller se soigner à Malabo en guinée Equatoriale.

Il est clair qu’Ange Félix Patasse malgré son statut d’ancien chef d’état, et donc institution de la république a souffert d’un non assistance dans les derniers moments de sa vie. Il a également été victime pendant qu’il luttait avec la maladie de restrictions de sa liberté d’aller et de venir. Ce serait un grand mal si le pays ne rend pas un hommage officiel à l’homme qui a quand même servi ce pays plusieurs fois en tant que Ministre, Premier Ministre et Président de la République pendant 10 ans. D’où nécessité d’engager le dialogue, d’envoyer une délégation vers la famille Patassé pour engager les négociations en vue d’organiser des obsèques dignes et officiels au barbu national à propos duquel Fidele Ngouandjika Porte parole du Gouvernement  a déclaré peut-être un peu tardivement que: « De son vivant Ange Félix Patassé est un vrai démocrate qui a toujours œuvré pour l’intérêt supérieur de la nation et qui mérite que sa mémoire soit honoré par toutes les filles et tous les fils du Centrafrique ».

 

DE L’ANNULATION ET LA REPRISE DES ELECTIONS…

Les challengers de Bozizé ont rejetés en bloc les résultats du 1er tour des élections groupées du 23 Janvier 2011 et demandé tout simplement leur reprise. Ils ont même demandé aux candidats aux législatives de leurs partis de se retirer du second tour des élections législatives. Un second tour à l’issue duquel la RCA a plus que désormais une assemblée nationale monocolore. Avec 61 députés sur 105 élus à l’assemblée nationale le parti travailliste KNK, la formation politique de François Bozizé bénéficie en plus du soutien de 11 députés de la majorité présidentielle et les 26 autres députés indépendants sont dans leur grande majorité issus de la maison orange, la couleur du KNK. Pour le reste Il n’y’a que deux députés issus de l’opposition politique à l’assemblée nationale. C’est une situation très embarrassante pour la démocratie centrafricaine. A l’annonce de ces résultats provisoires par la Commission Electorale Indépendante la tension monte entre les partisans des candidats dans certaines circonscriptions électorales  tant à Bangui qu’en province. Pour l’opposition politique, François Bozizé compte ainsi modifier la constitution pour briguer un troisième mandat, par conséquent ces élections sont pour eux un non-évènement.

 

DE LA NOMINATION DU PREMIER MINISTRE

Les centrafricains sont toujours dans l’attente de la nomination du premier Ministre qui à son tour formera son gouvernement. C’est depuis vingt et cinq jours que François Bozizé a prêté serment le 15 mars dernier, mais  jusqu’à présent il, n’a pas encore choisi le chef de file du gouvernement qui l’accompagnera dans la gestion du pays.  Dans les arrondissements et quartiers de Bangui ainsi que dans les provinces, les centrafricains n’attendent que cette nomination. Pour certains observateurs François Bozizé n’attendait que la proclamation des législatives pour choisir parmi ses ministres qui doit rester au gouvernement et qui devra aller à l’assemblée nationale. Vu que la majeure partie des Ministres de Bozize sont candidats aux législatives.

Le camp du Président François Bozize a beau répondu aux journalistes qu’on a déjà beaucoup parlé et que l’heure n’est plus aux discours mais que chacun doit se mettre au travail, il y’a lieux de reconnaitre que la situation sociopolitique de la République centrafricaine interpelle plus que jamais tous les centrafricains à faire des concessions pour préserver la paix, l’unité nationale et l’intérêt suprême de la nation. Au regard de tout ce qui se passe de part le monde et en Afrique en particulier, le sens du patriotisme doit interpeller les uns et les autres pour éviter à notre cher pays se qui se passe chez les autres.

Ange Félix Patassé est décedé…

Ange Félix Patassé, le dernier ancien chef d’état centrafricain encore en vie est décédé ce soir à Douala capitale économique du Cameroun.

L’information est confirmée par son porte parole Simplice KODEGUE qui a eu des entretiens avec le médecin de l’ancien président Ange Félix Patassé. Empêché à deux reprises pour des raisons de formalités à remplir avant d’aller se soigner à Malabo en Guinée équatoriale, Ange Félix Patassé a finalement pu prendre l’avion le Samedi 02 Avril. Selon toujours son porte-parole le Président Bozizé aurait appelé son homologue Obiang N’guéma lui demandant de ne pas recevoir Ange Félix Patassé, ce dernier très malade fut admis dans un hopital à Douala où il est décédé ce 05 avril à 18 heures.

Ange-Félix Patassé est né à Paoua le 25 janvier 1937. Son père s’appelle Paul Ngakoutou et sa mère Véronique .

Diplômé de l’Académie supérieure de l’agriculture tropicale de Nogent-sur-Marne (France), il est nommé en 1965 au cabinet du ministre de l’Agriculture et du développement.

Sous la présidence de Jean-Bédel Bokassa, il est plusieurs fois au gouvernement : ministre du développé entre janvier 1966 et avril 1968, ministre du Développement rural entre mai 1972 et avril 1973, ministre du Tourisme, de l’eau, des bois, de la chasse et de la pêche entre juin 1974 et octobre 1975. Il devient Premier ministre le 8 décembre 1976 jusqu’en juillet 1978.

Devenu président de la République le 22 octobre 1993, réélu en 1999, auteur des mutineries et de la mort de plusieurs personnalités de la RCA. Il est renversé par un coup d’État de François Bozizé le 15 mars 2003.

Revenu au pays en Décembre 2009, il est candidat malheureux aux élections du 23 Janvier 2011 qui a vu la victoire de François Bozizé, candidat à sa propre succession. Avec les autres candidats malheureux il forme le FARE : front pour l’annulation et la Reprise des Elections. La maladie l’a emporté à 74 ans.